Le coût de la reconstruction de Gaza est estimé à 71,4 milliards de dollars


Principaux renseignements

  • La reconstruction de Gaza coûtera 71,4 milliards de dollars (60,7 milliards d’euros) au cours de la prochaine décennie, dont 26,3 milliards dollars (22,4 milliards d’euros) sont nécessaires de toute urgence dans les 18 prochains mois.
  • La crise humanitaire à Gaza est grave, la plupart des habitants manquant de logements adéquats, de nourriture, de médicaments et d’accès aux services essentiels.
  • La conclusion d’un accord de paix durable se heurte à des obstacles importants en raison des priorités divergentes entre Israël et le Hamas concernant le désarmement, l’accès à l’aide et la reconstruction.

Une nouvelle étude menée par l’Union européenne, les Nations unies et la Banque mondiale révèle le coût colossal de la reconstruction de Gaza après deux années de guerre dévastatrice. Le montant estimé s’élève à 71,4 milliards de dollars pour la prochaine décennie. Une action urgente s’impose, avec environ 26,3 milliards de dollars nécessaires dans les 18 premiers mois pour rétablir les services essentiels et reconstruire les infrastructures vitales.

Publié six mois après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, le rapport met en lumière les conditions désastreuses auxquelles sont confrontés les habitants de Gaza. La plupart d’entre eux manquent de logements adéquats, de produits de première nécessité tels que la nourriture et les médicaments, et d’accès aux services essentiels. L’International Rescue Committee met en garde contre le fait que cette crise multiforme est négligée par la communauté internationale.

Matière de reconstruction

L’étude estime que plus de 1,9 million de personnes – soit plus de 80 pour cent de la population de Gaza avant la guerre – ont été déplacées, et que plus de 60 pour cent d’entre elles ont perdu leur logement. Elle souligne la nécessité de mener la reconstruction parallèlement à la distribution de l’aide humanitaire et insiste sur l’alignement avec la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui préconise un processus de relèvement mené par les Palestiniens, transparent et responsable.

Toutefois, une reconstruction à grande échelle ne peut débuter sans plusieurs facteurs cruciaux : un cessez-le-feu durable, un accès humanitaire total, le rétablissement des services, la liberté de circulation, des systèmes financiers opérationnels, des dispositions claires en matière de gouvernance et un programme complet d’enlèvement des débris et des engins explosifs. Le coût estimé correspond aux projections précédentes de l’ONU.

Situation humanitaire désastreuse

L’International Rescue Committee dresse un tableau sombre de la population déplacée vivant dans des tentes de fortune et souligne le risque alarmant d’insécurité alimentaire aiguë auquel sont confrontés 77 pour cent des habitants de Gaza. Avec 94 pour cent des hôpitaux détruits ou endommagés et une pénurie critique de médicaments essentiels, la situation humanitaire est désastreuse.

Pour compliquer encore la situation, des affrontements ont éclaté entre des membres du Hamas et des milices soutenues par Israël dans le sud de Gaza, exacerbant davantage les tensions. Si les responsables israéliens réfutent les allégations d’un effondrement humanitaire généralisé, ils reconnaissent que les systèmes médicaux de Gaza sont opérationnels, avec des hôpitaux de campagne, des centres médicaux et des cliniques soutenues par l’ONU en activité. Ils soulignent qu’environ 600 camions d’aide humanitaire entrent quotidiennement à Gaza, dont un cinquième est géré par l’ONU et des organisations internationales.

Accusations

Israël accuse le Hamas de tirer profit de l’aide humanitaire par le biais de la taxation, de la contrebande et du contrôle des marchés locaux. Il affirme également que le Hamas mène une campagne de désinformation visant à retarder les prochaines phases du cessez-le-feu, notamment le désarmement. Le Hamas réfute ces accusations, refusant de se désarmer sans garanties d’accès à l’aide humanitaire, aux programmes de reconstruction et à un cessez-le-feu permanent.

Les médiateurs participant aux pourparlers du Caire reconnaissent que les priorités divergentes des deux parties constituent un obstacle majeur à la conclusion d’un accord de paix durable.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Plus