Principaux renseignements
- Environ 44 pour cent des nouveaux morceaux quotidiens sur la plateforme sont entièrement générés par ordinateur.
- L’entreprise supprime ces titres des recommandations et refuse de rémunérer ces écoutes.
- Les auditeurs peinent à entendre la différence et exigent des labels clairs pour ces chansons.
Le service de streaming musical Deezer annonce que 44 pour cent de toute la nouvelle musique sur sa plateforme est générée par intelligence artificielle. L’entreprise reçoit près de 75 000 de ces morceaux par jour et cela représente plus de deux millions de titres par mois. La consommation de cette musique reste faible pour le moment et varie entre un et trois pour cent du nombre total d’écoutes. Deezer détecte 85 pour cent de ces écoutes comme frauduleuses et ne verse aucune rémunération pour celles-ci.
Augmentation explosive des ajouts
Les chiffres les plus récents montrent une hausse continue de la musique artificielle sur la plateforme. En effet, l’entreprise a reçu environ soixante mille morceaux par jour en janvier. Cela représente une forte augmentation par rapport aux cinquante mille de novembre et aux trente mille de septembre. À titre de comparaison, lors du lancement de l’outil de détection de Deezer en janvier 2025, ce nombre n’était alors que de dix mille.
Par ailleurs, la mise à jour de ces données survient peu après le succès d’un titre créé par ordinateur. Ce dernier a d’ailleurs dominé les classements iTunes la semaine dernière aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, au Canada et en Nouvelle-Zélande.
Protection des artistes
Les morceaux que Deezer reconnaît comme artificiels disparaissent automatiquement des recommandations algorithmiques et ne trouvent pas de place dans les listes de lecture éditoriales. L’entreprise indique en outre qu’elle ne stockera plus de versions en haute résolution de ces pistes.
« L’écosystème de la musique doit intervenir pour sauvegarder les droits des artistes et promouvoir la transparence pour les fans », déclare Alexis Lanternier, le dirigeant de Deezer. Il ajoute que la technologie et les mesures proactives de son entreprise prouvent qu’il est possible de réduire la fraude et la baisse des revenus pour les véritables artistes à un strict minimum.
Demande de clarté
Un sondage réalisé par Deezer en novembre dernier montre que 97 pour cent des participants ne peuvent pas distinguer un morceau humain d’un morceau généré par ordinateur. Pourtant, 52 pour cent des personnes interrogées estiment que les morceaux 100 pour cent artificiels n’ont pas leur place dans les classements principaux aux côtés des chansons d’artistes réels. Parallèlement, 80 pour cent des sondés souhaitent que cette musique reçoive clairement un label afin d’en informer les auditeurs.
Deezer a commencé en juin 2025 en tant que premier service de streaming à labelliser ces morceaux au niveau de la plateforme. Au cours de l’année 2025, Deezer a doté plus de 13,4 millions de titres d’un tel label. Le concurrent français Qobuz a fait part en février de projets visant à labelliser un contenu similaire sur sa propre plateforme.
D’autres grands acteurs comme Spotify et Apple Music abordent les choses différemment et combinent l’utilisation de filtres pour identifier les morceaux de mauvaise qualité avec d’autres efforts de transparence qu’ils laissent aux distributeurs. (fc)
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