Comment s’est déroulé le premier trimestre avec Peppol en Belgique ?


Principaux renseignements

  • Peppol est obligatoire en Belgique pour la facturation B2B depuis le 1er janvier 2026 ; un trimestre plus tard, des chercheurs font le point.
  • Pour de nombreuses PME, en particulier celles qui sont moins numérisées, la transition vers Peppol s’est avérée trop abrupte et a souffert d’un manque de communication. Une PME sur cinq a donc pris du retard dans sa transition.
  • Un tiers des PME déclare perdre du temps avec Peppol, tandis que 40 pour cent font état d’une augmentation des coûts. Pourtant, 58 pour cent trouvent qu’il est plus facile de retrouver d’anciennes factures et 37 pour cent ne peuvent plus se passer de la plateforme.

Depuis le 1er janvier 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA en Belgique sont tenues d’utiliser Peppol pour la facturation B2B. Peppol est l’acronyme de « Pan-European Public Procurement Online ». Un trimestre après l’entrée en vigueur de cette obligation, Hous Software a mené, en collaboration avec Iox, une étude sur l’impact de cette plateforme de renom sur les PME belges.

Obligatoire depuis janvier

345 PME ont été interrogées dans le cadre de cette étude. Malgré l’obligation, seules 80 pour cent d’entre elles utilisent Peppol. Les amendes pour non-utilisation du logiciel obligatoire peuvent aller de 1 500 euros pour une première infraction à 5 000 euros en cas de récidive. On peut difficilement dire que beaucoup étaient impatients de passer à l’utilisation obligatoire de la plateforme Peppol. Plus de la moitié des personnes interrogées ont attendu les six derniers mois avant 2026 pour effectuer la transition. Mieux encore : 1 PME sur 5 n’est effectivement passée à Peppol qu’après cette date butoir.

La réception plus rapide des paiements était l’un des principaux arguments en faveur de l’obligation d’utiliser Peppol. Dans la pratique, le bilan semble mitigé. 47 pour cent ne paient pas leurs factures entrantes plus rapidement via Peppol, tandis que 40 pour cent le font. Par ailleurs, 42 pour cent indiquent qu’ils doivent envoyer moins de demandes de paiement.

Un gain ?

Les avis sont partagés quant au coût : 40 pour cent déclarent devoir payer plus cher en raison de l’utilisation de la plateforme. 28 pour cent y voient en revanche une économie. Un tiers des personnes interrogées trouve la plateforme trop complexe pour être utilisée facilement. 36 pour cent commettent également plus d’erreurs à cause de Peppol.

Pour un entrepreneur, le temps, c’est de l’argent. Peppol standardise les champs d’information tels que l’expéditeur ou la date. Toutes ces données sont conservées et transmises au sein d’un réseau sécurisé. Il n’est donc plus nécessaire de les retaper ou de les saisir dans un système fiscal externe. Peppol gagnerait donc beaucoup de temps. Pourtant, un tiers des personnes interrogées affirme justement perdre du temps à cause de l’utilisation de Peppol. Environ la moitié indique toutefois gagner du temps grâce à la facturation électronique. Une étude réalisée en 2025 a également révélé que 73 pour cent des entrepreneurs tireraient un gain de temps de la facturation électronique. La plupart des répondants (58 pour cent) trouvent toutefois qu’il est plus facile de retrouver d’anciennes factures.

Un sentiment de sécurité accru

Près de la moitié (48 pour cent) des entrepreneurs interrogés se sentent mieux protégés contre la fraude grâce à la plateforme. Via Peppol, l’identité de tous les utilisateurs est vérifiée et l’envoi des factures s’effectue via un réseau sécurisé. 6 pour cent des PME interrogées indiquent toutefois avoir eu des expériences suspectes ou frauduleuses avec Peppol. Il s’agit souvent de factures erronées et de transactions suspectes sur un numéro de TVA incorrect.

Dans l’ensemble, les avis semblent donc partagés. « La communication a parfois laissé à désirer et la transition a été trop brutale pour certaines PME, surtout pour les entreprises les moins numérisées », explique Benjamin Tailleur, directeur des opérations chez Horus Software. « La facturation électronique obligatoire était, à notre avis, une bonne initiative du gouvernement. » 37 pour cent des personnes interrogées indiquent ne plus pouvoir se passer de Peppol, tandis que 56 pour cent affirment que la facturation était plus simple avant que Peppol ne devienne obligatoire.

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