Élection du directeur général de l’OMS : les grandes puissances se disputent le leadership en matière de santé


Principaux renseignements

  • L’élection du prochain directeur général de l’OMS en 2027 indiquera quelle puissance mondiale domine la politique sanitaire internationale.
  • Les États du Golfe et les pays asiatiques remettent en cause l’influence traditionnelle de l’Europe en présentant des candidates solides et stratégiques.
  • L’instabilité financière et les différends relatifs aux traités sur les pandémies compliquent la tâche de tout futur dirigeant.

La sélection du prochain directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) constituera un indicateur déterminant. En effet, cela permettra de savoir quelles puissances mondiales. Qu’il s’agisse de l’Europe, de l’Asie ou des pays du Golfe, ils définiront la politique sanitaire internationale à la suite du retrait stratégique des États-Unis. Le nouveau dirigeant devra diriger une agence confrontée à des déficits budgétaires. De plus, il fera face à des demandes de refonte structurelle et à la menace imminente de futures pandémies. POLITICO rapporte ça.

Europe ou Asie

L’actuel directeur général étant éthiopien, les normes diplomatiques laissent penser que la prochaine personne nommée ne sera probablement pas originaire d’Afrique. Si l’Europe devait proposer des candidats, ceux issus de pays riches pourraient être critiqués. En effet, ceci s’explique par les inégalités observées dans la distribution des vaccins pendant la pandémie de Covid-19.

À l’inverse, les candidats potentiels issus d’Asie et du Golfe reflètent le poids diplomatique et financier croissant de ces régions. Bien que la Chine soit peu susceptible de nommer l’un de ses propres citoyens, son influence sur les pays en développement pourrait en faire un acteur clé. Le processus est encore compliqué par le retrait de l’administration Trump de l’organisation. Ainsi, pour la première fois depuis des années, les États-Unis ne sont pas un participant officiel. Pourtant, de nombreux pays pourraient encore aligner leurs votes sur les préférences américaines.

La montée en puissance des États du Golfe

La région du Golfe s’est imposée comme un acteur de premier plan, avec deux femmes éminentes sous les feux de la rampe. Hanan Balkhy, directrice régionale de l’OMS pour la Méditerranée orientale, est considérée comme une dirigeante hautement compétente qui a su gérer les crises en Iran et à Gaza. Sa formation aux États-Unis et ses liens professionnels pourraient faire d’elle un intermédiaire idéal pour rétablir les relations entre les États-Unis et l’OMS.

De son côté, Hanan Mohamed Al Kuwari, ancienne ministre de la Santé du Qatar, offre une alternative à ceux qui recherchent un gestionnaire externe plutôt qu’un bureaucrate interne. Le succès de l’une ou l’autre de ces femmes dépendra probablement du niveau de coordination entre les gouvernements du Golfe.

Une candidate pakistanaise de poids

Au Pakistan, Sania Nishtar est considérée comme l’une des candidates les plus qualifiées. À la tête de Gavi, elle gère des financements essentiels pour les vaccins. Il a fait ses preuves dans la gestion de la situation politique instable liée à l’aide américaine et au scepticisme vis-à-vis des vaccins, sans compromettre les objectifs sanitaires. Son expertise en matière de relations avec les donateurs constitue un atout majeur compte tenu de l’instabilité financière de l’OMS. Cependant, elle doit rivaliser avec d’autres candidats issus du même bloc régional.

En Asie, le ministre indonésien de la Santé, Budi Gunadi Sadikin, a suscité un vif intérêt. Orateur charismatique, Budi s’est fait le champion du partage des technologies et de la solidarité entre les pays en développement. Il a positionné l’Indonésie comme un pôle mondial de la santé. Cependant, ses détracteurs soulignent son expérience limitée en matière de santé publique, puisqu’il n’est passé du secteur bancaire à la politique de santé qu’en 2020. D’autres puissances régionales, telles que la Thaïlande, pourraient également se lancer dans la course.

La lutte institutionnelle en Europe

L’Europe dispose de solides atouts institutionnels, d’autant plus qu’aucun Européen n’a dirigé l’OMS depuis 1998. Cependant, la région est confrontée à un « hiver politique » en raison des frustrations des pays du Sud face à la lenteur des progrès concernant un traité équitable sur les pandémies et la protection des brevets pharmaceutiques. Les candidats allemands potentiels, notamment Helge Braun et Karl Lauterbach, se heurtent à des obstacles.

Il s’agit de leur bilan pendant la pandémie ou de leur manque de popularité politique. Les options européennes les plus viables sont Hans Kluge et Jeremy Farrar. Respectivement, ils sont un rassembleur à la tête du bureau européen de l’OMS et un scientifique très respecté. En fin de compte, les candidats européens pourraient constater que, quelles que soient leurs compétences, le climat politique mondial ne leur est plus favorable.

(mv)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus