Le Big Pharma avertit les gouvernements: ‘La science est au-dessus de la précipitation’

Isopix

Les CEO de neuf grandes sociétés pharmaceutiques ont signé conjointement une charte avec un message clair: ils veulent éviter qu’un vaccin contre le covid-19 ne soit approuvé trop rapidement.

AstraZeneca, BioNTech, GSK, Johnson & Johnson, Merck, Moderna, Novavax, Pfizer et Sanofi unissent leurs forces et envoient un message commun au monde: ‘Nous tenons à souligner que nous restons déterminés à développer et à tester des vaccins potentiels contre le Covid-19 conformément à des normes éthiques et des principes scientifiques rigoureux’, ont-ils déclaré dans un communiqué commun. Comprendre: ne laissez pas la vitesse prendre le dessus sur le processus scientifique, car cela peut mal finir.

Il est assez étonnant que les plus grands concurrents se rallient à une telle déclaration. Avec leur déclaration, ils répondent au comportement d’achat sauvage de nombreux gouvernements. Par exemple, le gouvernement américain a déjà commandé six vaccins différents pour s’assurer de bénéficier du gros lot. Cela a déjà coûté au pays plus de 6 milliards de dollars.

Le président américain Donald Trump est allé plus loin en déclarant lors d’une conférence de presse que ‘sous ma direction, nous développerons un vaccin en un temps record’. Trump a laissé entendre qu’un vaccin pourrait être déployé dès le 1er novembre.

Trop de pression

Mais l’Europe commande aussi avec impatience des vaccins. Le continent a déjà signé un accord avec AstraZeneca pour 300 millions de doses, avec l’option d’en acheter 100 millions de doses supplémentaires. Mais l’UE a également entamé des pourparlers avec Sanofi-GSK, Johnson & Johnson, Curevac et BioNTech. Selon la Commission européenne, les premiers vaccins pourraient arriver dès décembre et n’hésite pas à faire jouer la concurrence donc.

Les CEO de l’industrie pharmaceutique veulent s’assurer qu’ils ne sont pas poussés par les dirigeants dans la précipitation. Dans leur charte, ils préconisent de développer un vaccin sûr et de ne le soumettre pour approbation qu’une fois qu’il est passé par la troisième et dernière phase de test. ‘Nous pensons que cela augmentera la confiance du public dans le processus de vaccination’, plaident-ils.

Les signataires disent avoir déjà développé un total de 70 vaccins pour diverses pandémies et ont éradiqué de nombreuses maladies mortelles.