L’Autriche démantèle un réseau qui contourne les sanctions et achemine du matériel militaire vers la Russie


Principaux renseignements

  • Les autorités autrichiennes ont démantelé une société écran qui faisait passer clandestinement du matériel de précision vers la Russie.
  • Des documents falsifiés ont permis d’acheminer des technologies interdites vers Rostec en passant par plusieurs pays.
  • Les sanctions internationales visent à réduire l’efficacité militaire russe en bloquant l’accès à des composants essentiels.

Les autorités autrichiennes ont mis au jour une opération mondiale visant à contourner les restrictions commerciales de l’Union européenne afin de fournir des composants essentiels au matériel militaire russe.

Société écran en Autriche

Selon le ministère de l’Intérieur, une société écran basée en Autriche a été utilisée pour acheminer du matériel européen de haute précision destiné à la production d’avions de chasse et de missiles de croisière.

Le secrétaire d’État Jörg Leichtfried a condamné le détournement de technologies de pointe vers les systèmes d’armement russes, s’engageant à poursuivre la collaboration internationale pour cibler ceux qui soutiennent le secteur de la défense de Moscou.

Réseau de contrebande

Ce commerce illicite portait principalement sur des instruments spécialisés pour le travail des métaux et des machines de découpe à commande numérique. Afin de dissimuler la destination finale de ces marchandises, le réseau faisait transiter les cargaisons par divers pays intermédiaires, notamment les Émirats arabes unis, la Turquie, la Corée du Sud, la Pologne, la Lituanie, le Kirghizistan, Hong Kong et la Biélorussie.

Les fournisseurs européens ont été trompés par des documents d’utilisateur final falsifiés, qui indiquaient à tort que les produits resteraient dans des pays tiers plutôt que d’être envoyés à Rostec, un conglomérat d’État russe soumis à des sanctions.

Le rôle de Rostec dans la guerre menée par la Russie

Rostec est une entité centrale du complexe militaro-industriel russe, qui revendique la responsabilité de la moitié de la production d’armes du pays. Cela inclut la fabrication de missiles balistiques Iskander, de missiles de croisière Kh-101 et de systèmes de défense aérienne Pantsir — des armes fréquemment utilisées dans des frappes meurtrières contre les populations ukrainiennes.

Les récentes attaques des 5 et 8 août ont mis en évidence les ravages causés par ces missiles, qui ont fait de nombreuses victimes civiles, y compris de jeunes enfants.

Arrestations

Cette opération a conduit, le 13 mai, à l’arrestation d’un ressortissant biélorusse qui était copropriétaire et directeur général de la société écran autrichienne. Les autorités ont également saisi des avoirs d’une valeur totale de 140 000 euros.

Les dossiers montrent que l’entreprise avait commencé à fournir des matériaux industriels à l’armée russe dès 2019, et que des livraisons d’une valeur de 3,3 millions d’euros avaient été acheminées vers des fabricants d’armes depuis 2022. Cette arrestation fait suite à une opération antérieure menée en août 2023, au cours de laquelle les enquêteurs avaient saisi 40 supports de stockage numériques.

Sanctions

Alors que la Russie poursuit ses efforts pour contourner les sanctions, d’autres nations renforcent leurs restrictions. Le Canada s’est récemment joint aux efforts européens et ukrainiens en imposant des sanctions au groupe Streit. Le ministère canadien des Affaires étrangères a déclaré que ces mesures visaient à réduire l’efficacité au combat de la Russie en entravant le flux d’équipements et de technologies militaires. (fc)

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