L’Arabie saoudite s’enfonce un peu plus dans la guerre du pétrole avec la Russie

Le président russe, Vladimir Poutine et le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed Ben Salmane lors du sommet du G20 à Buenos Aires en novembre 2018. (EPA-EFE/LUKAS COCH)

La compagnie pétrolière Saudi Aramco va augmenter sa capacité de production de 12 à 13 millions de barils par jour. Une décision audacieuse qui rajoute un coup de pression dans la guerre entre le deuxième et troisième plus gros producteur de pétrole au monde.

Une guerre des prix fait rage entre la Russie et l’Arabie saoudite. Le royaume de la péninsule arabique a décidé d’augmenter sa production et de diminuer le prix du pétrole. En réponse, la Russie a annoncé qu’elle aussi ferait le plein.

Le conflit entre deux superpuissances pétrolières

L’animosité entre les deux pays a débuté la semaine dernière après la réunion de l’OPEP avec la Russie. Le pays de Vladimir Poutine a refusé de diminuer sa production de pétrole pour faire fasse à la baisse des prix. Cette proposition émanait directement de l’Arabie saoudite.

En réaction, le pays a annoncé qu’il augmenterait sa production à 12,5 millions de barils par jour. Le but: mettre la Russie à genoux dans une guerre des prix. Cette décision, combinée à la baisse de demandes due à l’épidémie de coronavirus, a provoqué la plus grosse chute des prix du pétrole depuis la guerre du Golfe en 1991. Lundi, le prix du baril de pétrole brut a chuté de près de 30 dollars, soit une baisse d’environ 30%.

Ce mercredi, l’Arabie saoudite a décidé de relever encore un peu plus les enjeux. Sa production passera bientôt à 13 millions de barils par jour. Mais le pays n’a pas dit quand cette augmentation de capacité aurait lieu.

Compromis?

Il est tout à fait possible que les deux superpuissances s’accordent sur un compromis. Cependant, les analystes pensent que la guerre des prix va encore faire rage pendant un petit temps. L’Arabie Saoudite peut encore lutter pendant longtemps grâce à de faibles coûts de productions et d’importantes parts de marché. Mais ce ne sera pas sans douleur.

La trésorerie du royaume est en grande partie remplie par les revenus pétroliers. Pour maintenir leur budget en équilibre, le prix du baril doit atteindre les 83 dollars. La moyenne annuelle pour 2020 devrait atteindre à peine la moitié de ce montant.

Hier, le prix du pétrole avaint légèrement rebondi. Mais aujourd’hui, il replonge à nouveau et perd 2,3%. Un baril coûte maintenant 36 dollars.

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