L’Arabie Saoudite menace de vendre 750 milliards de dollars d’actifs américains

Le gouvernement saoudien a menacé de vendre pour 750 milliards de dollars d’actifs américains (bons du Trésor et autres) si le Congrès décide d’approuver une loi qui permettra de lancer des poursuites pour déterminer si ce pays est impliqué d’une manière ou d’une autre dans les attentats du World Trade Center à New York du 11 septembre 2001. C’est ce qu’aurait indiqué Adel bin Ahmed Al-Jubeir, ministre des Affaires étrangères de l’Arabie Saoudite, au président américain Barack Obama lors d’une visite à Washington, selon le New York Times. Il a expliqué que le royaume serait obligé de vendre ces actifs pour éviter qu’ils ne soient gelés. Le président Obama aurait donc tenté de dissuader le Congrès d’approuver cette loi. Le gouvernement américain pense qu’elle pourrait également poser “un risque juridique” pour les Américains à l’étranger, impliquant probablement que les entreprises et les citoyens américains s’exposeraient à des représailles.Cependant, beaucoup d’Américains, et notamment ceux qui ont perdu un proche au cours de ces de attentats, sont indignés par l’intervention de leur président. Ils pensent que ce dernier cherche à “couvrir” la responsabilité de certaines personnalités saoudiennes dans ces attentats. “Il est stupéfiant de penser que notre gouvernement soutiendrait les Saoudiens, plutôt que ses propres citoyens”, déplore Mindy Kleinberg, dont le mari a été tué au cours des attaques du 11/9 qui ont fait près de 3.000 victimes.Pour certains observateurs, cette menace ne tient pas, car la vente des actifs américains poserait des difficultés pour le pays. Néanmoins, cette menace témoigne de l’escalade des tensions entre les deux pays.L’Arabie Saoudite nie toute implication dans les attaques terroristes. Une enquête américaine n’a trouvé aucune preuve d’une quelconque aide saoudienne. Cependant, quinze terroristes impliqués dans ces attentats étaient des ressortissants saoudiens. Oussama ben Laden, le cerveau d’Al-Qaïda, était lui-même saoudien, mais il avait été déchu de sa nationalité en 1994. Beaucoup d’Américains en déduisent que les hauts responsables du monde politique saoudien étaient impliqués dans ces attentats.