L’Arabie saoudite, le nouveau poids-lourd des événements sportifs du Golfe persique

Contrairement au Qatar, à Oman et les Émirats arabes unis qui sont déjà très actifs sur la scène sportive internationale, l’Arabie saoudite en était demeurée quasiment absente. Mais les choses sont en train de changer, et le pays accueillera notamment le rallye automobile du Paris-Dakar du 5 au 17 janvier 2020.

Depuis le début du millénaire, les pays pétroliers moyen-orientaux ont utilisé le sport comme outil de soft power, et en ont fait un outil diplomatique à part entière. Leur but était de modifier la perception de pays non respectueux des droits de l’homme, et pratiquant un islam radical, que l’on pouvait avoir d’eux ailleurs dans le monde.

Le Qatar, Oman et les Émirats arabes unis se sont ainsi dotés d’équipements sportifs uniques pour devenir organisateurs de grands événements sportifs. Le Qatar était un pays totalement inconnu avant d’accueillir de grands événements sportifs. Ses efforts lui ont permis de se distinguer et de se démarquer de l’Arabie saoudite, qui dominait jusqu’alors le Golfe. 

Le Paris-Dakar, la formule-E et le football

Jusqu’alors, l’Arabie saoudite s’était abstenue. Mais les choses ont commencé à évoluer récemment. Outre le Paris-Dakar, le pays organisera l’ouverture de la saison 2019-2020 du grand prix de Formule-E – la Formule 1 électrique, fait remarquable pour un pays pétrolier – le 23 novembre à Diriyah. Ce décembre, il avait déjà hébergé le match de boxe poids lourds opposant le Mexicain Ruiz et le Britannique Joshua à Diriyah, dans la banlieue de Riyad. 

Comme le Qatar, le pays a aussi décidé de s’engager dans le football. Il a mis en place un fonds de plusieurs centaines de milliers d’euros pour acquérir de nouveaux joueurs et faire progresser le niveau de ses équipes. Récemment, la presse britannique a également spéculé sur un possible rachat du mythique club de Manchester United.  Manchester City, l’autre club de cette ville, est déjà la propriété du sheikh Mansour, membre de la famille royale d’Abu Dhabi.

Vision 2030, l’affaire Khashoggi et les jeunes

En 2014, le roi Abdallah avait déjà initié la construction de onze stades de football. Mais c’est le prince héritier Mohammed Ben Salmane (surnommé MBS) qui a réellement été le moteur de ce changement, en particulier avec le lancement de Vision 2030, un plan de développement visant à débarrasser l’Arabie saoudite de sa dépendance à l’égard du pétrole. Selon des experts, l’Arabie saoudite a sans doute réalisé que le sport avait permis à ses voisins de redorer leur blason. Or, après l’affaire Jamal Khashoggi, Riyad est avide de redorer son blason

Enfin, la jeunesse du pays, dont l’âge médian de la population est de 27 ans (contre 41 en Belgique), a aussi été un facteur. Les jeunes des villes s’intéressent davantage aux sports et aux divertissements qu’à la religion. Depuis son arrivée au pouvoir, MBS défie les tenants d’un islam rigoriste qui refusent de voir la société saoudienne évoluer sur le plan culturel.

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