Principaux renseignements
- Les responsables allemands considèrent la potasse, un composant essentiel des engrais, comme un point faible majeur des chaînes d’approvisionnement américaines, ce qui pourrait avoir une incidence sur les négociations commerciales.
- Les États-Unis dépendent fortement des importations pour plus de 90 pour cent de leur potasse, ce qui les rend vulnérables aux perturbations causées par les principaux exportateurs comme le Canada.
- Les États-Unis étudient les possibilités de diversifier leur approvisionnement en potasse en s’adressant à d’autres partenaires que leurs partenaires traditionnels.
Les responsables allemands évaluent les vulnérabilités au sein des chaînes d’approvisionnement américaines afin de potentiellement obtenir un levier dans les négociations avec l’administration Trump. Ils ont identifié la potasse, un ingrédient clé des engrais, comme un point de pression significatif. Les États-Unis dépendent fortement des importations pour plus de 90 pour cent de leurs besoins en potasse, ce qui les rend dépendants des producteurs mondiaux, principalement du Canada.
Les dirigeants européens cherchent des moyens de faire pression sur Trump
Cette prise de conscience découle des inquiétudes suscitées par les actions du président Trump, telles que ses menaces d’acquérir le Groenland. Les dirigeants européens ont été pris de court et ont lancé une initiative visant à identifier les faiblesses des chaînes d’approvisionnement mondiales susceptibles d’être exploitées. La potasse est apparue comme une vulnérabilité évidente dans le secteur agricole. Le Canada domine les exportations de potasse vers les États-Unis, la société canadienne Nutrien Ltd. étant le plus grand producteur mondial. Le groupe allemand K+S joue également un rôle important, produisant de la potasse à partir d’une mine située en Saskatchewan.
Les responsables allemands étudient la possibilité de réduire les expéditions de potasse vers les États-Unis par des entreprises comme K+S afin d’exercer une pression lors de différends commerciaux. Cependant, l’Allemagne préfère améliorer les relations transatlantiques plutôt que de s’engager dans une guerre commerciale de représailles qui nuirait aux deux parties.
Toute restriction sur les exportations de potasse se heurterait à une opposition politique au Canada, où l’industrie est concentrée dans des provinces à tendance conservatrice. Le premier ministre de la Saskatchewan a déjà rejeté les propositions visant à instaurer des taxes à l’exportation sur la potasse.
Recherche d’alternatives
Dans le même temps, les États-Unis cherchent activement à diversifier leurs sources d’approvisionnement en potasse. Les sanctions contre la Biélorussie, grand producteur de potasse et allié de la Russie, ont récemment été levées après que ce pays a libéré des prisonniers politiques. Si la Russie est également un important producteur de potasse, le Canada reste le premier exportateur mondial.
La Biélorussie a même proposé de vendre une mine de potasse aux États-Unis pour 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros), mais les négociations concernant le prix sont toujours en cours. (fc)
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