Principaux renseignements
- Mercredi, Meta a conclu un accord à l’amiable dans le cadre d’un procès de 18 milliards de dollars (15,5 milliards d’euros) concernant la dépendance aux réseaux sociaux chez les jeunes.
- Les incitations financières poussent les concurrents à adopter des mesures de sécurité similaires.
- Les risques juridiques obligent désormais les géants de la tech à donner la priorité à des changements proactifs de leurs politiques.
Le récent accord à hauteur de 18 milliards de dollars (15,5 milliards d’euros) conclu par Meta pour mettre fin aux accusations selon lesquelles l’entreprise favoriserait la dépendance aux réseaux sociaux a provoqué un effet domino dans l’ensemble du secteur technologique. Des plateformes telles que YouTube, TikTok et Snapchat se retrouvent ainsi sous haute surveillance. Meta a conclu un accord à l’amiable dans le cadre d’une action en justice intentée par plusieurs États américains. Celle-ci reprochait à l’entreprise d’avoir induit le public en erreur quant aux conséquences négatives de ses services sur les mineurs.
Nouvelles mesures de sécurité pour les jeunes
Dans le cadre de cet accord, Meta mettra en place diverses mesures de sécurité destinées aux jeunes. Il s’agit notamment d’une limite d’utilisation quotidienne par défaut de deux heures, qui ne pourra être gérée que par les parents, de la suppression des filtres faisant la promotion de la chirurgie esthétique ou du maquillage extrême, de protocoles améliorés de vérification de l’âge et de l’introduction d’un mode nuit.
Une réforme du secteur
La structure financière de cet accord est unique. Meta versera environ 12,7 milliards de dollars (10,9 milliards d’euros) sur une période de dix ans, mais un montant supplémentaire de 5,3 milliards de dollars (4,6 milliards d’euros) dépendra de la mise en œuvre, par des concurrents tels que YouTube (d’Alphabet) et TikTok, de réformes similaires en matière de sécurité. En liant ce paiement aux actions d’autres acteurs, Meta impose en fait une norme à l’échelle du secteur.
Avertissements aux autres géants de la tech
Le procureur général de Californie a indiqué que cet accord devait servir d’avertissement aux autres géants de la technologie. Il a souligné que la Californie avait déjà engagé une action en justice contre TikTok pour avoir utilisé des éléments de conception créant une dépendance afin de fidéliser les jeunes utilisateurs, et qu’elle comptait exiger des engagements similaires de la part de Snap et de YouTube.
Des changements proactifs de politique
Les experts juridiques suggèrent que ces plateformes pourraient modifier de manière proactive leurs politiques afin d’éviter l’atteinte à leur réputation et les coûteuses batailles juridiques que Meta a dû endurer. Le professeur Rob Lalka, de l’université de Tulane, a fait remarquer que, comme ces entreprises reposent sur la confiance des annonceurs et des parents, leurs conseils d’administration doivent désormais mettre en balance le risque de poursuites judiciaires et le coût des réformes.
Tendances mondiales
Cette pression juridique s’inscrit dans le cadre d’une tendance mondiale qui voit les gouvernements envisager d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux adolescents. Meta a déjà essuyé plusieurs défaites devant les tribunaux, notamment dans le cadre d’un procès à Los Angeles concernant des fonctionnalités addictives telles que le défilement infini, et d’une affaire au Nouveau-Mexique qui s’est soldée par des amendes de plus de 900 millions de dollars (776,8 millions d’euros) pour violation des règles relatives à la sécurité des enfants.
Réforme stratégique
Alors que Meta se présente désormais comme le champion de la sécurité des jeunes, les détracteurs affirment que ces changements n’ont eu lieu qu’en raison d’une intervention judiciaire. Lalka a souligné que l’absence de législation fédérale a contraint les procureurs généraux à intervenir une fois le mal fait, laissant entendre que la campagne actuelle de Meta en faveur de règles applicables à l’ensemble du secteur est une manœuvre stratégique visant à s’assurer que ses concurrents soient soumis aux mêmes contraintes. (ev)
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