L’accès à Venise est désormais payant

Les visiteurs d’un jour qui se rendront dans le centre historique de Venise devront désormais s’acquitter d’une taxe comprise entre 2,5 et 10 euros par personne. Celle-ci devrait permettre à la municipalité de prendre en charge les coûts très importants liés à la maintenance de la ville.

Luigi Brugnaro, maire de Venise, a indiqué sur Twitter que la nouvelle taxe permettrait de mieux gérer la ville, de la maintenir propre et de garantir un cadre de vie agréable à la population locale.

Une taxe pour aider à financer la maintenance coûteuse de la ville

Le conseil municipal de Venise doit maintenant se prononcer sur le montant de la taxe et son mode de perception. Des exemptions seront prévues pour les étudiants, les personnes qui se rendent à Venise pour des raisons professionnelles ou scolaires, et les habitants de la région. En outre, les touristes  qui passeront plusieurs jours dans la Cité des Doges n’y seront pas soumis non plus, compte tenu qu’ils s’acquittent déjà d’une taxe de séjour assise sur le nombre de nuitées. 

Selon les estimations officielles, près de 30 millions de personnes visitent Venise chaque année, et près de 20 % d’entre elles passent au moins une nuit dans le centre-ville historique.

D’après M. Brugnaro, les sommes astronomiques liées au nettoyage, à l’entretien et à la sécurité incombaient jusqu’ici exclusivement aux Vénitiens. En conséquence, de nombreux ex-Vénitiens ont quitté la ville pour s’installer dans les environs. La foule de touristes qui envahit constamment la ville, ainsi que les navires de croisières, ont selon lui largement contribué à endommager l’architecture fragile de la ville. Et bien sûr, les inondations n’arrangent rien. De plus, il est plus coûteux d’apporter des matériaux pour assurer l’entretien des édifices de la « Sérénissime », du fait de ses petites ruelles et de ses canaux, qui compliquent l’acheminement des matériaux nécessaires. De même, ces travaux doivent être réalisés à la main, en raison de l’impossibilité de faire venir des engins de travaux. 

Enfin, la taxe servira également à financer les services de sécurité de la ville, et notamment le coût de l’effectif de 150 officiers de police déployé tous les dimanches, porté à 350 les jours de forte affluence, comme les jours fériés et les périodes de vacances. Elle contribuera également à payer les passerelles mises en place lors des périodes d’inondation.

Venise n’est pas la seule à envisager une taxe pour les touristes

Dario Nardella, maire de Florence, une autre ville italienne victime du tourisme de masse, souhaite que l’Italie adopte une législation permettant à toutes les grandes destinations touristiques italiennes d’introduire une taxe sur les touristes. Il espère ainsi dissuader le tourisme sous forme de visites-éclair, au cours desquelles les visiteurs ne consomment rien, ou très peu, tout en occasionnant des nuisances pour lesquelles ils n’offrent aucune compensation.