La visite de Trump en Chine risque de raviver la guerre commerciale entre les deux pays


Principaux renseignements

  • La visite du président Donald Trump en Chine vise à garantir une augmentation des achats de produits américains en tirant parti d’une trêve commerciale fragile.
  • Le conflit en cours avec l’Iran ajoute à la complexité des négociations, ce qui pourrait influencer la volonté de coopérer des deux parties.
  • Malgré les succès passés et un apaisement temporaire des tensions, une résolution durable du différend commercial entre les États-Unis et la Chine reste difficile à atteindre.

La prochaine visite du président Donald Trump en Chine marque un moment important pour les relations entre les États-Unis et la Chine. Prévue du 13 au 15 mai, il s’agira de la première visite présidentielle en Chine depuis près d’une décennie et elle intervient dans un contexte de trêve délicate au sein du différend commercial en cours entre les deux plus grandes économies mondiales. Ce voyage devrait inclure des dirigeants de grandes entreprises américaines telles que Boeing, Citigroup et Qualcomm, qui pourraient chercher à conclure des accords commerciaux avec des entreprises chinoises.

L’escalade des tensions commerciales

La paix fragile qui règne actuellement résulte d’une série d’événements qui se sont intensifiés. En 2018, le président Trump, dans le but de rééquilibrer les relations commerciales et de relancer l’industrie manufacturière américaine, a imposé des droits de douane sur 250 milliards de dollars (210 milliards d’euros) d’importations chinoises. Cette mesure, considérée par beaucoup comme le début de la guerre commerciale, a déclenché des droits de douane de rétorsion de la part de la Chine dépassant les 100 pour cent. Cet échange de représailles s’est poursuivi jusqu’à ce qu’une trêve temporaire soit convenue à la suite d’une rencontre entre Trump et Xi Jinping en Corée du Sud en octobre dernier.

Malgré cette trêve, les tensions persistent. Le président Joe Biden a maintenu les droits de douane existants sur la Chine, invoquant des inquiétudes quant à la domination chinoise dans des secteurs technologiques clés. Son administration a également imposé des restrictions à des entreprises chinoises comme Huawei et a soumis TikTok à un examen minutieux, ce qui a finalement conduit à la séparation de ses activités américaines de sa société mère chinoise. De plus, des droits de douane élevés ont effectivement empêché les véhicules électriques chinois d’entrer sur le marché américain.

Le retour de la diplomatie tarifaire

Le retour de Trump au pouvoir en 2025 a marqué la résurgence de la diplomatie tarifaire. Il a imposé des droits de douane de 20 pour cent à la Chine, l’accusant d’alimenter la crise des opioïdes par ses importations de fentanyl. Par la suite, il a déclaré le « Jour de la libération », imposant une taxe supplémentaire de 34 pour cent, ce qui a placé le niveau total des droits de douane sur la Chine parmi les plus élevés au monde.

Ces mesures ont eu un impact significatif sur les entreprises chinoises, entraînant des stocks excédentaires et obligeant les entreprises américaines à rechercher d’autres fournisseurs. La Chine a riposté en imposant des droits de douane sur les produits agricoles américains, touchant ainsi un segment clé de la base électorale de Trump. Cependant, Trump a sous-estimé le contrôle de la Chine sur les terres rares, essentielles à diverses industries, ce qui l’a finalement contraint à négocier.

Une trêve fragile

Une rencontre entre Trump et Xi en octobre a abouti à la levée par Pékin des restrictions à l’exportation de terres rares, une victoire pour Trump. De plus, la Chine a accepté d’acheter des produits agricoles américains, ce qui a stimulé l’économie américaine. En contrepartie, Washington a partiellement levé les droits de douane liés à la production de fentanyl. Les hausses de droits de douane prévues ont également été suspendues, et les restrictions sur les ventes de semi-conducteurs de pointe à la Chine ont été temporairement assouplies.

À la recherche d’une solution durable

Bien qu’une trêve ait été conclue l’année dernière, une résolution durable reste difficile à atteindre. La dépendance de la Chine vis-à-vis des exportations, due à la faiblesse de la consommation intérieure, nécessite l’accès à de grands marchés comme celui des États-Unis. Cependant, Pékin aborde cette rencontre en position de force, avec des chiffres d’exportation records attribués à la diversification de ses partenaires commerciaux dans un contexte de relations tendues avec les États-Unis. La Chine a également investi massivement dans la robotique et la production nationale de puces électroniques, réduisant ainsi sa dépendance vis-à-vis des entreprises occidentales.

Les objectifs de Trump

Trump, confronté à des revers juridiques concernant ses politiques commerciales, fera probablement pression pour que la Chine achète davantage de produits provenant d’industries américaines vitales, comme le soja et les pièces d’avion.

Le conflit en cours avec l’Iran jettera sans aucun doute une ombre sur la rencontre entre Trump et Xi. La position de la Chine en tant que grand producteur de pétrole et importateur de brut russe l’a protégée de l’impact de la guerre. Néanmoins, la prolongation du conflit soulève des inquiétudes concernant la sécurité énergétique et les chaînes d’approvisionnement, ce qui a incité les responsables chinois à s’engager à prendre des mesures de protection. Si Washington et Pékin pourraient être incités à résoudre la crise iranienne en raison de leurs vulnérabilités communes, des divergences importantes dans leurs points de vue sur l’Iran pourraient compliquer cet objectif. (fc)

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