La traversée clandestine de la Turquie à la Grèce est maintenant soldée

A l’approche de l’hiver, la mer Méditerranée est plus souvent agitée, en raison du vent. En conséquence, le nombre de migrants prêts à monter sur des embarcations de fortune pour effectuer la traversée ne représente plus qu’un dixième de ce qu’il était cet été. Mais cela ne dissuade pas les passeurs qui ont trouvé une parade : ils offrent des remises sur la traversée aux candidats à la migration.

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) indique ainsi que le prix pour une traversée de la Turquie vers les îles grecques de Lesbos et Kos serait maintenant tombé à 800 euros, au lieu des 1500 euros habituels.

Par le passé, l’activité observée de l’été à fin octobre se ralentissait en hiver, en raison des conditions de navigation plus difficiles. Mais cette année, c’est différent, et pour le moment, on ne note aucun affaiblissement; ainsi, mercredi dernier, 85 bateaux auraient accosté sur la seule île de Lesbos, en Grèce. À l’heure actuelle, on constate un flux constant d’environ 8.000 personnes qui abordent chaque jour l’Europe par la Grèce.

Auparavant, les passeurs utilisaient d’autres tactiques pour compenser la faible activité de l’hiver: l’usage d’embarcations plus grandes, ou des tarifs plus élevés pour maintenir leurs niveaux de profit. “Les petits bateaux sont trop dangereux maintenant. Certains tentent de trouver de plus gros bateaux, comme au cours de l’hiver dernier”, indique Abu Jihad, un passeur basé à Izmir, en Turquie.

Selon l’Organisation, malgré le risque plus grand lié à la saison, il faut s’attendre à ce que les réfugiés continuent d’accepter l’offre des contrebandiers. Elle explique qu’un grand groupe de réfugiés vit depuis longtemps dans des camps sans aucune perspective d’évolution de leur situation. De plus, les remises accordées par les passeurs rendent la traversée plus abordable pour un grand nombre de personnes qui n’en n’avaient pas les moyens jusqu’alors.