Principaux renseignements
- L’achat prévu par la Suisse d’avions de combat F-35A est confronté à une hausse des coûts et à des retards potentiels.
- La Suisse va donc entamer de nouvelles négociations concernant le nombre d’avions.
- L’accord initial à prix fixe pourrait être modifié, ce qui complique le processus d’acquisition et met en évidence la complexité des contrats d’armement internationaux.
Le projet d’acquisition par la Suisse d’avions de combat F-35A est confronté à des défis croissants. Le coût du programme a considérablement augmenté, ce qui pourrait entraîner une réduction du nombre d’appareils achetés de 36 à 30. Cette hausse des dépenses a incité le Conseil fédéral suisse à demander 394 millions de francs suisses (430 millions d’euros) supplémentaires en mars 2026, s’ajoutant au budget initial de 6,04 milliards de francs suisses (6,6 milliards d’euros).
Négociations
Le nombre définitif d’appareils dépendra des négociations en cours avec les autorités américaines, Lockheed Martin et Pratt & Whitney. Ces discussions visent à régler la question des coûts du programme et des retards potentiels dans la mise en service des capacités. En conséquence, le nombre définitif d’appareils pourrait ne pas être déterminé avant le deuxième trimestre 2027.
Cette situation survient bien que la Suisse ait précédemment choisi le F-35A comme futur avion de combat, même si les détracteurs ont fait valoir que ses capacités avancées dépassaient le besoin principal du pays en matière de police aérienne. Le prix initial du contrat avait été fixé dans les limites d’un plafond de dépenses approuvé par référendum en 2020 et n’incluait pas les coûts d’exploitation estimés à 9,4 milliards de francs suisses (10,3 milliards d’euros) sur 30 ans.
Coûts
Cependant, des discussions avec des responsables américains en 2025 ont révélé une augmentation potentielle des coûts pouvant atteindre 1,3 milliard de francs suisses pour les 36 appareils. Cela contredisait l’affirmation antérieure de la Suisse selon laquelle le prix convenu était fixe et protégé contre l’inflation par des mécanismes contractuels spécifiques. Les États-Unis ont précisé que les prix dans le cadre du programme de ventes militaires à l’étranger (Foreign Military Sales) sont des estimations et sont susceptibles de changer, ce qui ajoute encore à la complexité de l’acquisition.
Malgré la hausse des coûts et les inquiétudes quant à l’engagement à long terme des États-Unis envers la sécurité européenne, le gouvernement suisse reste déterminé à acheter les F-35A. L’opposition politique a tenté de bloquer l’acquisition par le biais d’une initiative populaire, mais cette proposition a été retirée après la signature des contrats de production.
Conséquences financières d’une annulation
La Suisse pourrait encore annuler l’achat des F-35A avant le début des livraisons en 2027, mais une telle décision entraînerait d’importantes pénalités financières. Celles-ci comprennent les frais de résiliation du contrat et le montant estimé à 1 milliard de francs suisses déjà dépensé pour le programme d’ici fin 2025.
L’incertitude entourant l’acquisition des F-35A s’étend à l’achat prévu par la Suisse de systèmes de missiles Patriot. Les retards de production dus à une utilisation intensive en Ukraine et au Moyen-Orient ont eu un impact sur les calendriers de livraison, ce qui a incité les autorités suisses à envisager d’autres options, y compris l’annulation pure et simple de l’achat.
Coopération internationale
Malgré ces défis, la Suisse met de plus en plus l’accent sur la coopération internationale en matière de police aérienne et de défense aérienne. Les accords existants avec les pays voisins facilitent la collaboration transfrontalière, tandis que les partenariats avec la France, le Royaume-Uni et l’armée de l’air américaine soutiennent les activités d’observation de la Terre et les programmes de formation des pilotes.
De plus, la Suisse a rejoint l’initiative européenne Sky Shield en octobre 2024, un projet mené par l’Allemagne visant à renforcer l’interopérabilité des systèmes de défense aérienne au sol. Le pays a inclus une clause de suspension dans son accord afin de garantir le respect de ses lois sur la neutralité tout en conservant la possibilité d’une coopération internationale en matière de défense en cas d’attaque armée.
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