La Russie installe des filets pour protéger ses navires militaires contre les drones


Principaux renseignements

  • La Russie installe des filets fins sur ses navires de guerre afin de les protéger contre les attaques de drones.
  • L’utilisation généralisée de ces filets témoigne d’une profonde inquiétude face aux attaques surprises au sein de toutes les flottes russes.
  • Les experts avertissent toutefois qu’un tel filet est totalement inefficace contre les drones d’attaque lourds utilisés par l’Ukraine.

Des images récentes d’un navire de la marine russe ont suscité des critiques parmi les experts militaires en raison des mesures de défense de fortune installées sur sa coque. L’Aleksandr Shabalin, un navire de débarquement de type Projet 775 vieux de quatre décennies, a été photographié en train d’escorter un cargo à travers la mer Baltique, recouvert d’un fin filet vert. Ce filet, qui ressemble à une clôture de jardin ordinaire ou à une moustiquaire, est devenu un sujet de moquerie sur les chaînes Telegram militaires russes, telles que « Voenny Osvedomitel ». Les détracteurs font valoir que si un tel filet peut repousser un petit quadricoptère FPV commercial, il est totalement inefficace contre les drones d’attaque lourds utilisés par l’Ukraine.

Insuffisant face aux drones lourds

Les analystes citent notamment le FP-2, un drone d’attaque à longue portée de la société Fire Point. Contrairement aux petits drones de loisir, le FP-2 est conçu pour transporter une charge explosive importante et est équipé de systèmes de guidage avancés, ce qui le rend bien trop puissant pour être arrêté par un simple filet en tissu. Le recours à l’Aleksandr Shabalin comme escorte met encore davantage en évidence les difficultés navales actuelles de la Russie.

En tant que navire de classe Ropucha, ce navire a été initialement conçu pour les assauts de plage et le transport d’infanterie, et non pour protéger des convois. La décision d’utiliser un navire de débarquement pour ce rôle suggère une pénurie critique de navires d’escorte dédiés au sein de la flotte de la Baltique.

Flotte fantôme

Ce changement de stratégie navale fait suite à un mandat émis en 2026 par le Conseil maritime russe visant à protéger les navires de fret stratégiques. Cette nécessité s’est accrue à mesure que les forces de l’OTAN et les pays baltes intensifient leurs inspections de la « flotte fantôme » russe — ce réseau non officiel de navires utilisé pour contourner les sanctions internationales.

La présence d’escortes armées pour des navires tels que le Mikhail Britnev souligne la détérioration de la logistique maritime russe sous la pression du conflit en cours et des restrictions économiques occidentales.

Une inquiétude généralisée

La tendance à l’installation de filets maillés ne se limite pas à la Baltique. Elle s’est étendue aux différentes flottes de la marine russe, notamment en mer Arctique et en mer Noire. Il est à noter que des images satellites datant de mai 2026 ont révélé que même les sous-marins nucléaires de classe Borei, situés à la lointaine base de Rybachiy dans le Pacifique, étaient recouverts de filets similaires.

Cela suggère que le commandement russe est profondément préoccupé par la possibilité d’attaques surprises ukrainiennes à longue portée, même à des milliers de kilomètres des principales lignes de front.

L’échec tactique des filets maillés

D’un point de vue tactique, ces filets sont largement inefficaces. Ils n’offrent aucune protection contre les embarcations suicides et peuvent être facilement contournés par des pilotes de drones expérimentés, capables de naviguer autour des mailles ou à travers les ouvertures.

Bien que la Russie développe des contre-mesures plus avancées — telles que des systèmes de brouillage électronique et des drones captifs à fibre optique brevetés par l’Université arctique de Mourmansk —, ces technologies ne sont pas encore largement déployées. Par conséquent, le recours à des filets de type « de jardin » apparaît comme un symbole visible de l’inquiétude de la marine russe et comme un aveu qu’elle n’a pas encore trouvé de solution globale à la menace en constante évolution que représentent les drones aériens. (fc)

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