Principaux renseignements
- La Réserve fédérale devrait maintenir ses taux d’intérêt inchangés cette semaine.
- La flambée de l’inflation exerce une pression en faveur d’une éventuelle hausse des taux.
- Les experts restent divisés quant au calendrier du futur resserrement monétaire.
À l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, la Réserve fédérale devrait maintenir ses taux d’intérêt actuels lors de sa réunion de politique monétaire prévue cette semaine.
Cependant, la banque centrale est confrontée à une situation difficile, car la flambée des coûts de l’énergie alimente l’inflation, laissant la porte ouverte à une éventuelle hausse des taux. Cette situation fait suite à une décision prise le mois dernier, lors de laquelle le taux directeur avait été relevé de 25 points de base pour atteindre une fourchette comprise entre 3,75 pour cent et 4 pour cent, marquant ainsi la première hausse de ce type depuis 2023.
Pressions inflationnistes s’intensifient
Les données récentes soulignent la gravité de la hausse des prix, l’indice des prix à la consommation ayant augmenté de 0,6 pour cent par rapport au mois précédent et de 3,7 pour cent en glissement annuel en septembre. L’indice sous-jacent, qui exclut les coûts volatils des denrées alimentaires et de l’énergie, a progressé de 0,3 pour cent sur le mois et de 2,6 pour cent sur l’année, ce qui suggère que l’inflation est généralisée.
Par ailleurs, les prix à la production ont connu une forte hausse, progressant de 1,3 pour cent par rapport au mois d’août pour atteindre leur plus haut niveau depuis fin 2022.
Attentes du marché et prudence de la Fed
Le sentiment du marché penche fortement en faveur d’une pause, soutenu par le ton réservé adopté par le président de la Fed, Kevin Warsh, lors des récents sommets financiers mondiaux à Bangkok. Son absence d’indications explicites, associée à la prudence similaire affichée par les vice-présidents Michelle Bowman et Philip Jefferson, suggère que le conseil d’administration préfère analyser davantage de données.
Les projections actuelles du CME Group reflètent cette tendance, avec une probabilité de 90 pour cent que les taux restent inchangés et une probabilité de seulement 10 pour cent d’une hausse.
Prévisions divergentes des experts
Les avis des experts sur la question restent partagés. Steven Kamin, de l’American Enterprise Institute, estime que si un statu quo est probable pour l’instant, une hausse en décembre est probable en raison de la bonne santé du marché du travail.
À l’inverse, Satyam Panday, économiste en chef pour les États-Unis chez S&P Global, prévoit une hausse immédiate de 25 points de base en octobre, arguant que l’engagement de la Fed envers ses objectifs d’inflation l’emporte sur toute préoccupation politique liée aux élections de mi-mandat.
Frictions internes potentielles
Par ailleurs, les analystes d’ING suggèrent qu’une décision de maintenir les taux inchangés pourrait ne pas faire l’unanimité. Ils indiquent que des frictions internes pourraient surgir, car des responsables tels que Lorie Logan, Neel Kashkari et Beth Hammack, qui ont historiquement soutenu une politique monétaire plus restrictive, pourraient exprimer leur désaccord.
(at)
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