Une inflation tenace et la hausse des prix de l’énergie compliquent la politique monétaire des banques centrales


Principaux renseignements

  • Les grandes banques centrales sont confrontées à une inflation fluctuante et à une instabilité géopolitique.
  • L’inflation persistante aux États-Unis limite la capacité de la Réserve fédérale à baisser ses taux d’intérêt.
  • Les coûts énergétiques constituent une menace pour la stabilité des prix dans toute l’Europe et au Japon.

Cette semaine, la Banque du Japon, la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine définiront leur politique monétaire. Elles le feront dans un contexte d’inflation fluctuante et d’instabilité géopolitique au Moyen-Orient.

Les acteurs du marché évaluent actuellement les conséquences de la hausse des coûts énergétiques et se demandent si les dépenses colossales consacrées à l’intelligence artificielle généreront un retour sur investissement suffisant. Le conflit au Moyen-Orient menaçant de faire grimper les prix des carburants, la crainte d’une nouvelle flambée de l’inflation s’intensifie, ce qui contraindrait les banques centrales à maintenir leurs taux d’intérêt restrictifs pendant une période prolongée.

Changement de cap crucial de la Réserve fédérale

L’annonce de la Réserve fédérale mercredi revêt une importance particulière, car ses orientations influencent souvent les tendances financières mondiales. Après une hausse de 25 points de base le mois dernier, qui a porté les taux entre 3,75 pour cent et 4 pour cent, la persistance de l’inflation aux États-Unis a réduit les espoirs d’une baisse immédiate.

Les experts évaluent désormais si de nouvelles hausses sont possibles et comment de telles mesures pourraient influencer les rendements des bons du Trésor et la vigueur du dollar américain.

Zone euro confrontée à des risques d’inflation et à des pressions budgétaires

Jeudi, la BCE se penchera sur sa politique monétaire. Elle examinera notamment les perspectives de croissance de la zone euro ainsi que les conséquences potentielles de la hausse des prix de l’énergie sur la stabilité des prix. Bien que la banque ait relevé son taux directeur en septembre, elle devrait le maintenir inchangé cette semaine. Toutefois, en raison des pressions inflationnistes persistantes, une nouvelle hausse des taux reste possible.

Parallèlement, les troubles sociaux en France pèsent sur les finances publiques, poussant les rendements des obligations à 10 ans à un pic de 5,07 pour cent – leur plus haut niveau depuis 2002 –, qui dépassent désormais ceux des bons du Trésor américain pour la première fois depuis plus d’une décennie. De plus, les prix à la production en Allemagne ont accéléré, la croissance annuelle de septembre atteignant son plus haut niveau depuis début 2023.

Lutte du Japon contre la hausse des prix de l’énergie et l’inflation

La Banque du Japon (BoJ) se réunira vendredi. Le mois dernier, la banque centrale a relevé son taux directeur à 1,25 pour cent. Le Japon est particulièrement vulnérable à la hausse des coûts du pétrole, compte tenu de sa dépendance vis-à-vis des importations d’énergie. Des chiffres récents montrent que l’inflation sous-jacente a dépassé les 2 pour cent pour la première fois en neuf mois. L’inflation globale annuelle a atteint 2,1 pour cent, ce qui alimente les anticipations d’un resserrement de la politique monétaire.

Bien que la demande de semi-conducteurs et d’IA ait entraîné une hausse des exportations de 16,7 pour cent en septembre, cette croissance a été plus lente que prévu. Même si l’on s’attend à ce que la Banque du Japon (BoJ) maintienne ses taux inchangés pour l’instant, une hausse des taux en décembre reste une possibilité, en fonction de la croissance des salaires et des performances économiques globales. (lv)

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