« La répression chinoise du bitcoin n’est qu’un rite de passage pour la technologie de la liberté »

Loin de signer l’arrêt de mort du réseau et de sa cryptomonnaie, les restrictions imposées par la Chine sur l’industrie du minage constitueraient en fait une formidable opportunité pour l’évolution du bitcoin.

« Une nouvelle fantastique. Être interdit en Chine, c’est un rite de passage pour la technologie de la liberté », affirme sans sourciller Brandon Arvanaghi, ingénieur spécialisé en minage de bitcoins et ancien responsable de la sécurité informatique pour le géant crypto Gemini. Il suffit selon lui de regarder du côté de Google ou de Facebook pour s’en convaincre.

« L’interdiction chinoise est-elle un signal de vente ou d’achat de leurs actions ? Dans le cas de Bitcoin, c’est le signe que la technologie fonctionne et que des États sont en train de trembler dans leurs bottes », poursuit-il de manière imagée lors de son interview sur Bloomberg.

D’ailleurs, pour cet expert en mining, la façon dont le marché crypto a réagi aux décisions prises en Chine donne l’impression que les investisseurs ne comprennent pas ce qu’il se passe exactement.

« Les États sont en train de choisir leur camp. C’est un scénario très positif pour le bitcoin sur les moyen et long termes. Cela crée un exode en Chine mais un flux de migration industrielle entrant pour les Etats-Unis », se félicite Brandon Arvanaghi.

Un avis que d’autres importants acteurs de la tech partagent. Que les mineurs de bitcoin quittent la Chine est une « excellente nouvelle pour les États-Unis, l’Occident et le bitcoin », a déclaré David Marcus, le directeur de F2 (Facebook Financial) et porteur des projets Diem (la crypto anciennement nommée libra) et Novi (le wallet préalablement nommé Calibra et dédié à la libra).

Rentabilité mise à mal

Sa vision contradictoire de l’actualité chinoise se montre judicieuse. Mais les investisseurs responsables de la dégringolade momentanée du bitcoin que l’intervenant critique ont eux aussi de bonnes raisons de trembler dans leurs chaussons. Les gains semblent souvent s’envoler aussi rapidement qu’ils s’étaient accumulés.

« La volatilité n’est que la taxe à payer pour être du bon côté de cet incroyable placement », tranche l’ingénieur, qui n’apprécie généralement pas parler du prix mais doit réagir aux prédictions de prix fournies par le passé et souvent stratosphériques, le BTC devant nous décrocher la lune et plus encore.

« Je ne veux pas trop parler du cours. A mon sens, un bitcoin vaut un bitcoin. Ce sera toujours le cas. Le fait que les Chinois interdisent le minage secoue les esprits à propos des perspectives. Mais le bitcoin reste la meilleure réserve de valeur de l’histoire. Rien n’est comparable », estime Brandon Arvanaghi, qui ne voit dans la baisse du hashrate et les tensions géopolitiques que « des bosses sur le chemin vers la consécration comme le meilleur mécanisme d’épargne ».

Nouvel eldorado des mineurs

Interrogé sur la différence entre le minage de bitcoins en Chine et l’activité aux USA, l’ingénieur expert en la matière développe une analyse politique aussi patriotique que pertinente sur la distribution du pouvoir.

« En Chine, un coup de téléphone suffit à fermer totalement une entreprise. Aux États-Unis, c’est un peu plus difficile grâce à ce qu’on appelle le fédéralisme. Grâce aux droits des états. Si le gouvernement fédéral prend des mesures pour interdire le minage, il y aura des poursuites judiciaires, il y aura des citoyens armés aux frontières du Texas, Greg Abbott (le gouverneur républicain, ndla) étant grand partisan de Bitcoin. Le fédéralisme américain rend bien plus sûres les activités de minage au Texas, dans le Wyoming ou en Floride, que dans un pays avec un gouvernement centralisant le pouvoir comme la Chine », épingle-t-il.

Cela dit, la régulation des cryptomonnaies a aussi pris une dimension prioritaire avec l’administration Biden. Mais il n’y aurait rien de préoccupant dans l’agenda législatif.

« La régulation vise plutôt les exchanges, les firmes qui vendent les cryptomonnaies. Avec l’exode des mineurs chinois vers les États-Unis, nous allons observer une plus grande demande pour des emplois qualifiés, des électriciens spécialisés, des équipes d’informaticiens. Autant d’incitants pour que les gouverneurs et les décideurs politiques locaux ne s’attaquent pas au mining », croit savoir Brandon Arvanaghi.

Et de conclure qu’au plus des personnalités soutiendront le bitcoin, au plus les nouvelles générations pourront adopter sereinement le progrès technologique.

« Tout va pour le mieux pour le bitcoin »
Autre approche qui contraste avec la tonalité générale des médias, le bitcoin profiterait d’un véritable « alignement des astres », selon Marius Campos, consultant pour la société parisienne Smart-Chain, qui inventorie les principaux éléments positifs à retenir:
– la sécurité et la puissance du réseau que reflète le hashrate ont décuplé depuis 2017;
– le nombre d’adresses bitcoins, l’équivalent de portefeuilles pour la crypto, a augmenté de 41% depuis le 1er janvier 2020;
– le nombre de noeuds (serveurs) du Lightning Network, un protocole venant se superposer à la blockchain pour en augmenter l’efficience, a encore bondi de 46% depuis le 1er janvier 2021;
– les app Muun et Strike permettent une adoption massive du Lightning Network;
– le nombre de distributeurs automatique a gonflé de 243% 2020 dans le monde;
– 98% des directeurs financiers des hedge funds tablent sur une ruée sur le BTC dans les 5 ans;
– l’écrasante majorité de la communauté a validé Taproot, une mise à jour améliorant encore le réseau programmée pour novembre

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