« La récession arrive, et elle balaiera la reprise post-covid »

De moins en moins d’économistes sont prêts à avancer le contraire : une période de récession arrive, même si, aux États-Unis du moins, elle se fait encore attendre. Selon Bill Dudley, vétéran de la Fed, les bénéfices de la reprise post-pandémique vont disparaitre dans les années à venir, même s’il ne pense pas que l’économie se dirige vers une catastrophe.

Depuis qu’elle a décidé de mener une politique de hausse des taux d’intérêt afin d’enrayer l’inflation, la Fed, la banque centrale américaine, défend fermement son choix. Et ce, malgré les prédictions selon lesquelles elle risque ainsi de précipiter une période de récession, dont les effets sont tout aussi craints par une partie du monde économique. La Fed espère encore un « atterrissage en douceur » avec une récession limitée qui suffirait à apaiser l’inflation, mais même au sein des anciens collaborateurs de l’institution, on n’y croit plus trop.

« Une récession dans les 12 prochains mois »

Bill Dudley, ancien président de la réserve fédérale de New York, estime que la Fed a trop tardé à prendre le taureau par les cornes, ce qui ne lui laisse guère d’autre choix que de freiner l’économie, confiait-il à CNN: « Il est presque certain qu’il y aura une véritable récession. Si nous n’y sommes pas encore, je pense que nous y serons dans les 12 prochains mois. […] Ils [NDLR : la Fed] sont en retard et cela signifie qu’ils doivent en faire plus. Et cela augmente le risque de récession. Je pense qu’une récession est hautement probable, et je serai très, très surpris s’ils l’évitent. »

Tous les espoirs des économistes reposent sur le taux d’emploi aux États-Unis, qui se maintient très haut contre toute attente, ce qui permet d’espérer d’amortir quelque peu le choc. M. Duddley souligne d’ailleurs que, malgré le ralentissement économique enregistré pour un second trimestre consécutif, l’activité industrielle reste en croissance, ce qui rend encore impropre de parler de récession, du moins pour l’instant.

Difficile de desserrer le frein à main

L’ancien directeur estime d’ailleurs que la récession à venir sera plutôt modérée, toute proportion gardée, car les bilans des entreprises et des ménages restent en bonne santé.

Il a toutefois mis en garde contre le fait que la persistance d’une inflation élevée signifie que la Fed pourrait ne pas être en mesure de mettre rapidement en place des réductions de taux d’intérêt visant à endiguer une récession : « Cela pourrait durer plus longtemps, car il se peut que la Fed ne puisse pas desserrer les freins trop rapidement. La Fed est encore loin de la marge de manœuvre dont elle a besoin sur le marché du travail et de l’objectif d’inflation de 2 % ». Dudley estime probable une nouvelle hausse des taux d’intérêt de trois quarts de point dans les prochains mois, pour un total de 4% – soit 2,5% de plus encore qu’aujourd’hui.

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