La politique maniaco-dépressive contre le Covid en Belgique : « Vous ne pouvez pas arrêter ce virus. Arrêtons les tests obsessionnels »

La recrudescence des infections corona dans notre pays s’accompagne toujours d’un Comité de concertation. Une fois de plus, des mesures sont prises pour limiter la propagation du Covid-19. Cependant, selon l’épidémiologiste et médecin Luc Bonneux, il n’y a plus de menace aiguë ou sérieuse. La nécessité de certaines mesures, et notamment du dépistage des enfants à l’école, est discutable, selon le scientifique.

M. Bonneux est favorable à une approche différente de la crise sanitaure dans notre pays. Selon lui, les tests constants au sein de notre société provoquent un énorme afflux d’informations qui ne sont en fait pas très utiles. « Bien sûr, il est facile de critiquer le gouvernement. Mais j’ai de sérieuses réserves sur cette politique », commence M. Bonneux.

Vous ne pouvez pas arrêter le coronavirus, suggère le scientifique. « Et l’épidémie l’a déjà prouvé. Bien sûr, nous voulons limiter les décès et soins intensifs, et c’est nécessaire. Mais les plus grands virologues du monde, qui ne sont pas en Belgique, soulignent que nous ne pouvons que ralentir le virus. Nous espérons ainsi éviter que notre système de santé ne soit débordé », constate M. Bonneux.

Pourtant, le problème de cette surchauffe du système de soins ne se pose plus aujourd’hui en Belgique. Actuellement, quelque 115 lits supplémentaires par jour dans nos hôpitaux sont occupés par des patients Covid. « Cela reste un taux d’occupation faible. À une époque, nous parlions de 500 lits par jour comme limite supérieure. Nous en sommes encore loin. Alors pourquoi paniquer à nouveau ? » se demande Bonneux.

« La Suède considère le dépistage des enfants comme un abus »

Bonneux critique également l’approche au sein des écoles. Selon lui, nous imposons des mesures dont nous devrions remettre en question la sagesse. « Devons-nous tester les enfants ? Ils présentent très peu de symptômes. Bien sûr, ils peuvent infecter les adultes, tout comme la grippe. Mais pour ceux qui sont vaccinés, ce n’est pas un problème. Pour ceux qui ne veulent pas être vaccinés, oui, cela peut poser un problème. Mais il en reste très peu en Flandre par exemple. Ceux qui ne se font pas vacciner doivent se protéger dès maintenant », estime M. Bonneux. « En Suède, ils ne testent tout simplement pas les enfants. Ils y voient même une sorte de maltraitance d’enfants. ».

Selon Bonneux, les enfants montrent une réaction qui est appropriée pour un système immunitaire confronté à un virus respiratoire. Ils entrent en contact avec lui et développent alors une protection. Ainsi, au fil du temps, le virus pourrait également s’effacer au profit d’une maladie plus innocente, estime M. Bonneux. « Tout le monde entrera en contact avec le virus à un moment ou à un autre, il n’y a aucun doute là-dessus. Tomber malade et guérir fait partie de l’expérience humaine. »

Tester les enfants relève de l’obsession, pense Bonneux. « Il est inouï que les enfants portent le poids des problèmes des adultes. Je crains que les Suédois n’aient raison d’appeler cela de la maltraitance infantile », déclare M. Bonneux. C’est également le verdict des principaux virologues et épidémiologistes de Scandinavie.

Tôt ou tard, tout le monde entrera en contact avec le virus, souligne encore l’épidémiologiste. « Il est donc inutile de s’efforcer de mettre en place une sorte de stratégie zéro-Covid. Même la Nouvelle-Zélande s’en est éloignée« , déclare M. Bonneux. « Que se passera-t-il ici quand la grippe atteindra le pays ? »

Atmosphère maniaco-dépressive

Le problème est que la politique du gouvernement est disproportionnée. « Au début de la pandémie, l’approche était très légitime. Ce n’est plus le cas lors de la troisième vague et certainement pas lors de la quatrième vague. D’autant plus que de nombreuses personnes ont déjà été vaccinées », suggère M. Bonneux.

Philippe De Backer, politicien de l’Open Vld, parle de cette dissonance au sein de notre gouvernement comme d’une sorte d' »atmosphère maniaco-dépressive ». Dans ce contexte, le gouvernement impose fébrilement des restrictions lorsque les chiffres augmentent et réagit avec trop d’enthousiasme lorsque le nombre d’infections diminue à nouveau. « C’est une bonne description. Les virologues de notre pays et moi-même avons d’abord sous-estimé le virus. Lors des deuxième et troisième vagues, cependant, j’ai examiné les données relatives à la mortalité et à l’intensité des admissions et j’ai dû conclure qu’elles étaient finalement assez limitées. »

Des spécialistes qui forcent le trait

Le problème viendrait en partie des médecins spécialistes qui forcent le trait. « Les dermatologues, par exemple, ne manquent pas de mettre en garde contre la surexposition au soleil et conseillent à chacun de se couvrir ou d’appliquer de la crème solaire. Cela ne correspond pas à la réalité de la santé publique. Les gens devraient plutôt sortir et s’exposer au soleil, car nous n’en avons généralement pas assez », explique M. Bonneux.

L’état de la pandémie est toujours mesuré par la mortalité. « On voit qu’en Belgique il y a un problème à Bruxelles et un problème modéré en Wallonie. En Flandre, il y a un problème très mineur. Cela n’a pas de sens que les gens continuent de noyer cela dans des chiffres mondiaux », semble-t-il.

Cela provoque également des opinions de plus en plus polarisées sur les réseaux sociaux. D’un côté, il y a ceux qui pensent que le Covid est pire qu’Ebola. Pour d’autres, le Covid n’existe même pas. « C’est à cause de cette phase maniaco-dépressive que nous avons traversée. Au début, il n’y avait rien de mal et tout à coup tous les freins doivent être employés. Il faut arrêter ça », conclut l’épidémiologiste.

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