La nouvelle marotte des grandes firmes technologiques: la recherche d’un remède contre le vieillissement

Les grandes firmes américaines de technologie ont une nouvelle marotte, révèle le Financial Times : la recherche contre les effets du vieillissement. Cependant, l’objectif n’est plus seulement d’étendre l’espérance de vie, mais plutôt d’améliorer la qualité de vie dans la vieillesse.

Dans un monde où le vieillissement de la population s’assimile de plus en plus à une bombe à retardement du point de vue social et économique, une telle quête ne semble pas judicieuse de prime abord. Mais elle pourrait changer la donne dans ce domaine, si elle aboutit à permettre aux gens de rester actifs et productifs plus longtemps.

Larry Ellison, le fondateur d’Oracle, et Peter Thiel, le fondateur de PayPal et eBay, ont déjà investi tous les deux des capitaux personnels dans la recherche de moyens de prolonger l’existence. L’année dernière, Google les a rejoints, avec une startup de biotechnologie, « the California Life Company », ou « Calico » que le géant de l’internet a dotée de centaines de millions de dollars pour étendre la durée de vie en bonne santé.

Selon le professeur de santé publique de l’Université de l’Illinois Jay Olshansky, les initiatives telles que Calico et  les autres projets médico-technologiques ont donné une nouvelle crédibilité à un domaine scientifique qui n’était alors associé qu’à des rêveurs ou des esprits malades. La capacité de Google d’utiliser ses immenses possibilités dans le domaine de l’analyse des données pour faire avancer la science médicale a également attiré l’attention des grandes firmes pharmaceutiques, qui réalisent que la prolongation de la vie en bonne santé pour le secteur peut ouvrir un énorme nouveau marché.

En septembre, le groupe pharmaceutique américain AbbVie a conclu accord avec Calico pour un investissement conjoint de 1,5 milliard de dollars dans le développement de traitements liés à l’impact du processus de vieillissement. L’un des enjeux les plus cruciaux dans ce domaine est la recherche de remèdes contre la maladie d’Alzheimer. D’ici 2050, le nombre de personnes touchées par cette maladie dans le monde devrait tripler, pour atteindre 135 millions de cas.

Jusqu’à présent, aucun traitement n’a pu être trouvé, et toutes les firmes qui ont investi dans ce domaine ont perdu des millions de dollars. Certaines d’entre elles, notamment Pfizer et Sanofi, ont même abandonné.

Mais même si la découverte d’un remède contre la maladie d’Alzheimer représenterait une avancée majeure, elle ne pourrait pas surpasser la découverte d’un remède contre le processus du vieillissement, pour permettre aux gens de rester non seulement plus longtemps en bonne santé, mais aussi plus performants et plus productifs. Calico, et une autre firme, Human Longevity, sont parmi les firmes qui explorent ce domaine.

L’un des secteurs les plus prometteurs dans la lutte contre le processus de vieillissement est la médecine régénérative, qui vise à réparer ou de remplacer les cellules et les tissus défectueux.

Selon le professeur Olshanksy, l’essentiel n’est pas de retarder la mort, mais plutôt d’améliorer la santé et la qualité de l’existence en fin de vie, ou selon ses mots, « de réduire l’écart entre le moment où l’on meurt, et le moment où l’on devient fragile ». Cet objectif comporte des implications sociales et économiques très importantes. Des personnes âgées en meilleure santé pourraient coûter moins cher au système de santé, et contribuer à augmenter la consommation et la productivité.  

Selon Michael Kope, qui dirige la Fondation de recherche Sens dédiée à la lutte contre les effets du vieillissement, aucune limite d’âge n’est biologiquement programmée dans notre organisme, et fondamentalement, rien ne s’oppose donc à ce que l’on prolonge l’existence.

Et à ceux qui s’inquiètent des implications que la multiplication des personnes qui dépasseront le centenaire, Korpe répond que le monde s’adaptera. «Lorsque l’on vaccine des enfants, on ne dit pas +comment allons-nous absorber toute cette population supplémentaire ?+. On le fait, parce que sauver des vies est la chose à faire ».