La NASA ressort un vieux rêve des années 70, qu’elle voulait concrétiser en pleine crise pétrolière

Les premiers dessins de station de production d’énergie solaire depuis l’espace datent des années 1970, mais ces rêves ne se sont jamais concrétisés, principalement pour des raisons financières. Mais entre la crise énergétique mondiale, les enjeux climatiques, et des lancements à moindre coût, cela pourrait changer.

Produire de l’électricité dans l’espace via des panneaux solaires semble, de base, une assez bonne idée qui nous permettrait de nous affranchir du cycle jour/nuit. Ramener ce courant sur Terre sera sans doute plus compliqué, mais pas insurmontable car nous disposons de la technologie nécessaire, les tuiles photovoltaïques « en sandwich ». Un côté de la tuile comporte un panneau de cellules photovoltaïques qui reçoit l’énergie solaire. L’électronique au milieu convertit le courant continu en signaux de radiofréquence, et l’autre côté de la tuile comporte une antenne pour transmettre cette énergie vers la Terre. Et la NASA a annoncé vendredi dernier qu’elle allait se pencher à nouveau sur ce chantier qui pourrait changer le destin de l’humanité.

Une option très sérieuse… Si elle est rentable

L’agence spatiale américaine n’est pas là pour faire des plans sur la comète, et encore moins présenter un échéancier. Lors d’une présentation à la Conférence internationale sur le développement de l’espace de la National Space Society, elle s’est seulement engagée à lancer une étude sur le sujet, relate Space News. Mais c’est un premier pas. Nikolai Joseph, de l’Office of Technology, Policy and Strategy de la NASA, a déclaré que l’agence commençait une étude à court terme pour évaluer les perspectives de l’énergie solaire basée dans l’espace, la première de l’agence depuis environ deux décennies.

« Au fur et à mesure que la technologie a évolué, la faisabilité du système a changé au fil du temps », a-t-il annoncé. « Cette étude va évaluer dans quelle mesure la NASA devrait soutenir l’énergie solaire basée dans l’espace. » L’étude se penchera également sur le coût de ces systèmes de panneaux solaires, le budget ayant toujours été le principal obstacle pointé dans les études précédentes remontant aux années 1970. « Cela va représenter beaucoup d’argent, mais l’argent n’est pas le seul moteur ici. » Si cette station solaire produit de l’énergie de manière exponentielle, alors le jeu peut en valoir la chandelle.

Un autre contexte que dans les années 1970

Le contexte est en effet différent des années 1970 ; notre crise énergétique s’avère au moins toute aussi grave que celle de cette décennie, mais nous sommes aussi confrontés aux enjeux climatiques et à la nécessité de couper net dans nos émissions de carbone.

En outre, l’espace n’est plus si loin : le rythme des lancements de fusée à considérablement augmenté avec l’entrée en lice d’acteurs privés, faisant baisser les coûts, d’autant que les premiers modèles de lanceurs récupérables sont en train d’être testés. On peut donc espérer que l’assemblage d’une « ferme solaire » dans l’espace coûterait bien moins cher qu’initialement estimé.

Les Britanniques sont sur la brèche

La NASA a confirmé qu’elle tenait des discussions avec l’U.S. Space Force et d’autres « agences techniques » américaines sur l’étude à venir. Il n’est pas prévu pour l’instant de solliciter l’avis du public par le biais d’une demande officielle d’information ou d’un autre processus, mais il n’a pas exclu de le faire ultérieurement. L’objectif actuel est de terminer l’étude et de la présenter au Congrès international d’astronautique à Paris en septembre.

Mais là où la NASA reste fort prudentes, certains pays sont déjà arrivés à la conclusion que l’énergie solaire spatiale constituait une solution réaliste. La Grande-Bretagne considère ainsi la construction d’une gigantesque station solaire dans l’espace comme une option aussi intéressante que le nucléaire pour assurer son approvisionnement énergétique. L’addition est déjà estimée à 16 milliards de livres.

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