La marine russe représente une menace permanente pour le Royaume-Uni et la flotte de la Royal Navy, dont les effectifs ne cessent de diminuer


Principaux renseignements

  • Avec leurs missiles, les navires de guerre russes constituent une menace permanente pour les villes britanniques et la Royal Navy.
  • De graves pénuries de ressources mettent la Royal Navy dans une situation de surmenage dangereux.
  • Les retards pris dans les efforts de modernisation créent une faille critique dans la sécurité maritime.

La présence navale russe est devenue une constante au large des côtes sud et est du Royaume-Uni. C’est ce que rapporte le Telegraph.

Des missiles tirés sur le Royaume-Uni

Si le navire de garde actuel, la frégate Neustrashimy, ne dispose pas des tubes lance-missiles spécifiques requis pour les attaques terrestres à longue portée, ses successeurs — tels que les classes Gorshkov ou Gepard — sont équipés de missiles de croisière Kalibr. Ces armes pourraient potentiellement frapper n’importe quelle cible en Grande-Bretagne, y compris Londres, qui ne dispose actuellement pas de défenses aériennes adéquates.

Le Neustrashimy a déjà fait preuve d’une attitude provocatrice en menant des exercices de tir à l’improviste sur des voies maritimes très fréquentées près de Plymouth, un acte qualifié d’irresponsable par le ministre de la Défense.

Surveillance

Les capacités opérationnelles du navire russe sont encore renforcées par un hélicoptère Ka-27 « Helix ». Cet appareil étend considérablement la portée du radar et de la surveillance du navire, lui permettant de mieux surveiller les pétroliers de la « flotte fantôme ». Pour maintenir sa position, la marine russe utilise des navires de renseignement et de réparation pour le ravitaillement en carburant et en provisions, car elle n’a pas la capacité de se réapprovisionner tout en naviguant à vitesse constante — une capacité standard pour de nombreuses autres marines.

Pression sur les ressources de la Royal Navy

À l’inverse, la Royal Navy est confrontée à une pénurie critique de navires de guerre disponibles. La mission « Fleet Ready Escort », qui consiste à suivre de près les navires russes, mobilise une quantité insoutenable de ressources. Ne disposant que de quelques frégates opérationnelles et de deux destroyers prêts à prendre la mer — dont l’un est stationné dans le golfe d’Oman —, le Royaume-Uni ne peut pas maintenir une présence constante.

De plus, la Marine doit simultanément affecter des navires à la chasse aux sous-marins qui menacent les infrastructures sous-marines et la force de dissuasion nucléaire. Cette pénurie a contraint à recourir à des dragueurs de mines et à des patrouilleurs faiblement armés pour les missions de surveillance ; ces navires sont cruellement dépassés et seraient facilement détruits en cas de combat.

Retards dans les efforts de modernisation

La stratégie à long terme visant à combler cette lacune repose sur les frégates polyvalentes de type 31, mais ces navires sont en proie à des retards et leur nombre est insuffisant. Même si la « passation de pouvoir » a lieu d’ici la fin de la décennie, elles ne seront pas opérationnelles avant plusieurs années encore, période à laquelle la flotte existante de type 23 sera déjà obsolète.

On espère également que les plates-formes de missiles sans équipage de type 91 arriveront plus tôt afin d’offrir une solution nécessitant un équipage réduit pour les patrouilles dans la Manche. Cependant, le budget naval ne représente qu’une fraction de ce qui avait été demandé pour concrétiser cette vision.

Sécurité précaires

En fin de compte, le Royaume-Uni est confronté à une situation précaire où une seule défaillance mécanique pourrait entraîner l’effondrement total des capacités opérationnelles des frégates. Pour contrer la présence offshore persistante de la Russie, les forces armées doivent adopter des solutions radicales, telles que le recours accru à l’aviation sans équipage, tout en faisant face à de sévères contraintes financières. Le problème fondamental reste un manque simple mais criant de navires adéquats pour sécuriser les eaux britanniques. (fc)

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