La malnutrition, première cause de mortalité dans le monde… Et le coronavirus ne fait qu’aggraver la situation

Farah Abdi Warsameh/AP

La pandémie de nouveau coronavirus a mis en évidence les faiblesses des systèmes alimentaires et de soins de santé mondiaux. Dans le monde, une personne sur neuf a faim, tandis qu’une sur trois est en surpoids ou obèse, selon le Global Nutrition Report.

Selon les chercheurs, un examen de l’approvisionnement alimentaire et des systèmes de santé est crucial pour lutter contre la malnutrition.

Calories plutôt que valeurs nutritionnelles

‘La malnutrition est devenue la première cause de maladie et de décès dans le monde’, affirment les chercheurs. ‘Une majorité de la population mondiale n’a pas accès à une alimentation saine. La raison est double. Les systèmes agricoles préfèrent les calories aux valeurs nutritionnelles et l’accent est mis sur la réduction des coûts et les produits alimentaires transformés.’

‘Il existe des inégalités entre les différentes nations, mais aussi à l’intérieur des frontières nationales. Dans le monde, 820 millions de personnes ont faim. Cependant, un nombre croissant de pays sont confrontés à un double problème. D’une part, il y a la malnutrition, mais d’autre part, il y a aussi l’obésité et d’autres maladies liées à l’alimentation comme le diabète, les maladies cardiovasculaires et le cancer.’

David Nabarro, spécialiste de la sécurité alimentaire aux Nations unies, met en garde contre l’impact négatif de la pandémie de coronavirus. ‘La lutte que de nombreux pays mènent contre le virus peut se faire au détriment des efforts visant à réduire la faim et la malnutrition’, affirme-t-il.

Le mois dernier, les Nations unies ont prévenu que la pandémie pourrait faire doubler la famine aiguë dans le monde.

Coûts

Nabarro souligne que les personnes mal nourries courent un risque plus élevé d’infection en raison d’un système immunitaire affaibli. Et l’obésité et le diabète peuvent aggraver l’état des patients atteints par la covid-19.

‘Le coronavirus souligne la faiblesse des systèmes alimentaires vulnérables, qui sont déjà affectés par des conditions climatiques extrêmes, et les inégalités mortelles en matière de soins de santé’, estiment les chercheurs. ‘L’insuffisance pondérale est dix fois plus fréquente dans les pays en développement que dans les pays riches. En revanche, le surpoids et l’obésité sont cinq fois plus fréquents dans les pays riches que dans les régions plus pauvres.’

Enfin, le rapport souligne également que les coûts médicaux engendrés par l’obésité sont énormes. Au milieu de cette décennie, son coût s’élèvera à 1.200 milliards de dollars par an. Les États-Unis devront payer la plus grosse part de la facture.