La Finlande et la Suède n’attendent pas leur entrée dans l’OTAN pour se défendre face à la Russie: le verrouillage de l’Est est en cours

L’invasion de l’Ukraine a démultiplié les craintes de la Finlande et de la Suède à l’égard de la Russie. Les deux pays scandinaves vont vraisemblablement demander très bientôt à intégrer l’OTAN. Dans le même temps, ils déploient les grands moyens pour sécuriser ce qui pourrait, selon eux, constituer des cibles potentielles pour Moscou.

La Finlande dispose d’une frontière terrestre longue de plus de 1.300 kilomètres avec la Russie. Autant dire que la guerre en Ukraine a mis ses autorités et sa population en alerte, d’autant plus qu’elle ne fait, elle non plus, pas (encore ?) partie de l’OTAN. Si elle compte bien assurer ses arrières en demandant son adhésion à l’Alliance, elle souhaite s’activer sur le terrain au plus vite, rapporte Euractiv.

Dans son dernier rapport sur les changements dans l’environnement de sécurité, le gouvernement finlandais a indiqué qu’il consacrerait de nouvelles ressources vers la sécurité des frontières. Une enveloppe de 163 millions d’euros va y être consacrée. Il s’agira principalement d’installer de nouvelles clôtures solides sur certaines parties de la frontière avec la Russie. En outre, Helsinki veut remplacer deux avions de surveillance Dornier 228 par de nouveaux avions multirôles.

Dans le même temps, nous vous rapportions fin avril que la Finlande est en train de connaître un pic de demande de cours pour les volontaires de la défense nationale, notamment dans le domaine des snipers et tireurs d’élite. Diverses organisations finlandaises y contribuent, en donnant une formation militaire aux civils.

La Suède veut protéger Gotland

La Suède, elle, n’a pas de frontière terrestre avec la Russie. Mais elle n’est pas beaucoup plus sereine pour autant. Elle s’inquiète notamment pour Gotland, une île située à l’est, dans la mer Baltique, non loin de l’enclave russe de Kaliningrad… et de Saint-Pétersbourg La région avait déjà été au centre des attentions en début d’année, lorsque les mouvements de navires russes à proximité avaient été jugés comme suspects.

« Il est clair comme de l’eau de roche qu’il y a un risque. Une attaque contre la Suède ne peut être exclue », avait annoncé le ministre suédois de la Défense, Peter Hultqvist. « Il est important de montrer que nous ne sommes pas naïfs. La Suède ne sera pas en sommeil quand quelque chose arrivera. Il est crucial que nous fassions clairement savoir que nous prenons cela au sérieux. »

Dans la foulée, Stockholm avait déployé des centaines de militaires à Gotland.

« Nous ne pouvons pas écarter les menaces russes »

La guerre en Ukraine a augmenté encore un peu plus la tension, d’autant que la Russie n’a pas épargné la Suède dans ses menaces. Le président ukrainien a lui aussi tenu à mettre en garde la Suède, soulignant que « seule la mer [la] sépare de cette politique agressive [russe] ».

Début avril, les forces armées suédoises ont déjà commencé à intensifier leurs opérations à Gotland, le gouvernement leur ayant donné l’autorisation de tirer à l’artillerie lourde. Et ce n’est visiblement pas encore suffisant. Le gouvernement et les forces armées suédoises viennent en effet de décider d’intensifier encore davantage leurs efforts pour protéger l’île, note Euractiv. La capacité militaire va y être renforcée avec effet immédiat, avec notamment un exercice militaire d’une durée d’un mois.

« La Russie a abaissé le seuil d’utilisation de la force militaire et obtenu ce qu’elle voulait. C’est pourquoi nous ne pouvons pas écarter les menaces russes », a déclaré cette semaine Jonas Haggren, chef d’état-major de la défense suédoise.

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