La fin du quartier rouge d’Amsterdam se précise: un ‘centre érotique’ de 5.000 m² en banlieue est à l’étude

La capitale touristique des Pays-Bas est en train d’opérer un tournant majeur. Sous la houlette de la bourgmestre Femke Halsema, Amsterdam entend déplacer la prostitution en dehors des murs de la ville.

Cinq étages, deux bars, 100 petites chambres et un lieu de ‘divertissement érotique’ du genre club de strip-tease, le tout dans un bâtiment qui sera construit en dehors de la ville. Tel est le projet soumis par la bourgmestre, issue du parti Gauche verte, au conseil d’Amsterdam afin de tourner la page du célèbre quartier rouge amstellodamois. Neuf emplacements possibles sont évoqués.

En janvier, le conseil de la ville avait donné son feu vert au projet de Femke Halsema de fermer un grand nombre de maisons closes dans les étroites ruelles du centre historique d’Amsterdam.

‘De nombreuses travailleuses du sexe ne veulent pas aller dans un centre érotique’

Si la bourgmestre assure vouloir chercher à améliorer les conditions de travail des prostituées et assainir le centre historique de la ville, la mesure ne plait guère aux établissements qui affirment que les travailleuses du sexe ont fait le choix de travailler au bord du canal de Singel et De Wallen et s’y sentent bien.

‘De nombreuses travailleuses du sexe de De Wallen ne veulent pas aller dans un centre érotique, elles veulent garder les vitrines dans le quartier rouge. De nombreux résidents aussi’, a tweeté Mariska Majoor, une ancienne prostituée qui a mis sur pied une ASBL visant à informer sur la prostitution.

‘Des foules de touristes devant les vitrines’

‘Si vous vous promenez dans les rues très étroites, vous voyez des foules de touristes debout devant les vitrines, qui photographient des femmes étrangères vulnérables et se moquent d’elles’, avait expliqué Femke Halsema au Guardian l’année dernière. ‘En tant que femme, je ne peux pas accepter ce genre d’humiliation envers d’autres femmes. Cela va à l’encontre de tous les droits des femmes et de notre volonté de donner du pouvoir aux travailleuses du sexe.’

C’est notamment pour éviter ce ‘lèche-vitrine’ intempestif que le futur ‘centre érotique’ pourrait faire payer un droit d’entrée aux visiteurs.

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