‘La deuxième vague d’une pandémie est toujours plus meurtrière’, vraiment?

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Le président français Emmanuel Macron a prévenu les Français mercredi dernier qu’une deuxième vague de Covid-19 serait, selon toute vraisemblance, ‘plus dangereuse et mortelle’ que la première. Personne ne sait s’il se basait sur l’histoire pour affirmer cela. Plusieurs pandémies de grippe auxquelles le monde a été confronté au XXe siècle vont effectivement dans ce sens.

La grippe espagnole – qui a infecté un tiers de la planète en 1918 et a coûté 50 millions de vies humaines – s’était révélée assez calme au printemps et elle avait même failli être vaincue durant l’été. Mais à la fin du mois d’août, elle est réapparue jusqu’à la fin du mois de novembre. Dans Le journal du Dimanche, l’historien de la santé Patrick Zylberman raconte comment la deuxième vague a frappé la France, surtout à l’automne. ‘Ce qui, au printemps, ressemblait dans un premier temps à une grippe ordinaire s’est finalement transformé en quelque chose de sinistre. Les victimes sont mortes parce que leurs poumons se sont noyés.’

Un scénario similaire est apparu en 1957, lorsque la grippe asiatique a atteint l’Europe à la fin de l’été. Sans que cela ne soit trop grave. Mais en automne, elle est a rendu malade un Français sur cinq. ‘Les médecins travaillent jour et nuit’, écrivait le même journal en 1957.

La grippe de Hong Kong (1968-1969) a également frappé le monde à deux reprises. Si la première vague de l’hiver 1968 n’a pas été trop mauvaise, elle a frappé les États-Unis et l’Europe en plein cœur durant l’hiver 1969. En France, la grippe a causé 36.000 décès de plus que la normale, un chiffre comparable à la surmortalité actuelle chez nos voisins du sud.

Pourquoi les secondes vagues sont-elles plus meurtrières?

Pourquoi les secondes vagues sont-elles plus meurtrières? Comment se fait-il qu’un virus infecte soudainement plus de personnes et devienne plus dangereux? Personne ne le sait. Et les comparaisons sont également peu pertinente. ‘Le Covid-19 n’a rien à voir avec les épidémies précédentes, estime Patrick Zylberman. ‘L’histoire prédit assez mal l’avenir.’

C’est également ce que pensent les épidémiologistes Tom Jefferson et Carl Heneghan, de l’université d’Oxford. Ils ont étudié neuf pandémies au cours du dernier siècle et demi. Selon eux, une deuxième vague n’a été pire qu’en 1889 et en 1918 ; dans les autres cas, les vagues ultérieures ont été moins graves, ou alors il n’y a pas eu de vagues claires dans la pandémie.

Ils qualifient ‘d’illusion’ le fait qu’une épidémie s’arrête puis frappe plus violemment par la suite. Selon eux, un virus ne cesse de se propager, une fois sur un pic inférieur, puis sur un pic plus puissant. Selon les universitaires d’Oxford, ‘il est imprudent de faire des déclarations absolues sur les deuxièmes vagues’.

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