La dette extérieure des pays en développement atteint un niveau record d’environ 8 400 milliards d’euros


Principaux renseignements

  • La dette extérieure des pays en développement a atteint le niveau record de 9 400 milliards de dollars (environ 8 400 milliards d’euros) en 2025.
  • Les émissions d’obligations privées ont bondi malgré la flambée des coûts d’emprunt.
  • Le poids élevé du service de la dette freine les investissements essentiels à la croissance à long terme.

Selon un récent rapport de la Banque mondiale sur la dette internationale, la dette extérieure des pays à revenu faible et intermédiaire a atteint un niveau record de 9 400 milliards de dollars (environ 8 400 milliards d’euros) en 2025. Cela représente une hausse de 5,5 pour cent par rapport à l’année précédente. L’augmentation est la plus importante depuis 2021.

Forte hausse des prêts privés

Le rapport fait état d’une reprise des prêts accordés par les investisseurs privés. Les pays les plus pauvres ont également retrouvé leur accès aux marchés obligataires internationaux. Les émissions obligataires des entités publiques ont augmenté de près de 35 pour cent. Leur montant total a atteint 251 milliards de dollars (environ 224 milliards d’euros), soit le niveau le plus élevé en cinq ans.

Ce nouvel accès aux capitaux a toutefois un coût élevé. Les pays les plus pauvres doivent notamment payer des taux d’intérêt nettement plus importants sur leurs nouveaux emprunts. Le taux moyen des nouveaux prêts accordés par les créanciers privés a atteint 8,2 pour cent. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis 1989.

Pression sur la croissance économique

Haishan Fu, statisticien en chef et directeur des données sur le développement à la Banque mondiale, considère le retour des investissements privés comme une évolution positive. Il met toutefois en garde contre ses conséquences à long terme. Les pays empruntent en effet des montants toujours plus importants à des coûts plus élevés. Ils doivent donc de plus en plus souvent détourner des ressources des projets qui soutiennent la croissance économique à long terme.

La Banque mondiale avertit que l’alourdissement de la dette risque de freiner des investissements publics essentiels. Les dépenses consacrées à l’éducation, aux soins de santé, aux infrastructures et à l’emploi pourraient notamment être mises sous pression.

Les remboursements réduisent les marges budgétaires

L’endettement se traduit également par des remboursements toujours plus importants. En 2025, les pays en développement ont payé ensemble 1 400 milliards de dollars (environ 1 250 milliards d’euros) en intérêts et en remboursements du capital. Il s’agit de la cinquième année consécutive de hausse.

Les paiements aux créanciers privés ont augmenté de 13,7 pour cent pour atteindre 363 milliards de dollars (environ 324 milliards d’euros). Les pays disposent ainsi de moins de moyens financiers pour investir dans les services publics et le développement économique.

Les taux mondiaux renchérissent les emprunts

Les conditions financières internationales jouent également un rôle. Les taux d’intérêt élevés sur les marchés des capitaux rendent les nouveaux emprunts plus coûteux. En outre, l’affaiblissement du dollar a fait augmenter la valeur des dettes libellées dans d’autres monnaies lorsqu’elles sont converties en dollars.

La hausse des coûts de financement ne touche pas uniquement les pays en développement. Les grandes économies comme l’Allemagne, la France et les États-Unis doivent également faire face à des emprunts plus coûteux et à des charges d’intérêts plus élevées.

(zvm)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus