« La crise immobilière en Chine pourrait avoir des répercussions sur les Etats-Unis », vraiment ?

Jusqu’ici, peu de monde s’inquiétait d’une éventuelle contagion de la crise immobilière chinoise sur les marchés financiers mondiaux. Mais il est désormais de plus en plus clair que cette crise aura des répercussions sur la croissance chinoise et donc mondiale. Le tout reste de savoir à quel point? Assez que pour inquiéter la Réserve fédérale américaine.

« Les tensions dans le secteur immobilier chinois pourraient mettre à rude épreuve le système financier chinois, avec des retombées possibles sur les États-Unis », a déclaré la Réserve fédérale dans son dernier rapport sur la stabilité financière, publié deux fois par an, relaie la CNBC.

La Fed fait référence aux déboires du géant immobilier Evergrande et de toute une série d’autres acteurs dans le même secteur. L’immobilier et ses industries connexes pèsent 30% du PIB en Chine et 10% de l’emploi. Un effet domino est redouté depuis des mois maintenant.

Alors que la crise sanitaire fait à nouveau surface en Chine, l’Empire du Milieu est aussi confronté à une crise de main-d’oeuvre et énergétique. La crise immobilière pourrait entrainer une vague de chômage et in fine mener à la déflation. La Chine a déjà réduit son nombre d’achats en provenance d’autres pays.

Le ralentissement de l’économie se fait sentir dans les chiffres. La croissance est passée de 7,9%, au deuxième trimestre 2021, à 4,9% pour le troisième trimestre. La baisse du premier au deuxième trimestre était également spectaculaire : sur les trois premiers mois, la croissance était de 18,3%, il est vrai dans un contexte post-covid.

Les raisons de rassurer

Plusieurs experts interrogés par la chaine économique américaine tentent néanmoins de rassurer. C’est le cas de Paul Christopher, directeur de stratégie du marché mondial au Wells Fargo Investment Institute.

  • « Le gouvernement chinois est aux prises avec une dette des entreprises élevée depuis des années, elle est en éveil à ce sujet et dispose de ressources pour faire face au secteur immobilier. » Si la Chine le veut, elle peut tout simplement dépenser plus pour faire face au choc déflationniste, ce ne serait pas une première. »

Ilya Feygin, stratège principal de la société de courtage new-yorkaise WallachBeth Capital, voit dans cette mise en garde de la Fed un moyen pour elle d’assurer ses arrières.

  • « La Fed a été critiquée pour ne pas avoir vu la vulnérabilité du logement américain et des banques américaines avant 2008. Par conséquent, tout ce qui concerne les risques immobiliers et bancaires, où que ce soit, sera examiné de manière excessive. »

Enfin le dernier intervenant, Arthur Kroeber, qui a aidé à fonder la société de recherche axée sur la Chine Gavekal Dragonomics, ne voit pas venir une contagion sur les marchés financiers mondiaux. Il s’inquiète davantage de la pression inflationniste due aux problèmes de la chaîne d’approvisionnement et à la hausse à la hausse des prix à l’exportation de la Chine.

  • « Je pense que les risques pour les États-Unis sont faibles car la nature fermée du système financier chinois signifie que la contagion n’est pas susceptible d’être un gros problème. »

En résumé, on peut s’inquiéter pour la croissance chinoise et son impact sur l’économie mondiale. Car la crise immobilière s’ajoute à toute une série d’autres crises. Mais les déboires de l’immobilier chinois n’auront pas d’impact sur les marchés financiers mondiaux comme on a pu le connaitre en 2008 avec la chute de Lehman Brothers.

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