« Ce n’est que le début »: au-delà d’Evergrande, ces 4 promoteurs immobiliers criblés de dettes en Chine

Les dettes d’Evergrande ont révélé un problème majeur en Chine: la spéculation immobilière qui visait à construire à tour de bras, avant même de s’assurer qu’il y ait assez de propriétaires. Alors qu’Evergrande a bien du mal à rembourser ses créanciers et que son retour en bourse – à moins 10% – a été douloureux ce mercredi, 4 autres constructeurs sont dans une position tout aussi délicate. Une correction est nécessaire selon le professeur Li Gan, spécialiste du marché chinois.

Fantasia

C’est le 2e nom qui est ressorti suite à l’effondrement d’Evergrande. Fantasia Holdings est un acteur de bien moindre envergure. Mais la semaine dernière, la société n’est pas parvenue à rembourser la somme de 315 millions de dollars à ses créanciers.

Les actions de la société ont baissé de 60% cette année à la bourse de Hong Kong.

China Properties Group

Vendredi dernier, cette entreprise était en défaut de paiement de 226 millions d’euros sur ses obligations dues. La maison-mère dit être dans l’impossibilité de rembourser tant qu’elle n’aura pas mis en vente ou refinancé certains de ses actifs.

Là aussi, sa cotation a été suspendue depuis avril déjà.

Sinic Holdings

Ici, le défaut de paiement s’élève à 250 millions de dollars. L’action de Sinic Holdings a baissé de près de 90% depuis le début de l’année. La dette du constructeur dépasse sa valeur marchande de 230 millions d’euros.

Modern Land

Le promoteur pékinois a demandé un délai supplémentaire pour s’acquitter de sa dette de 250 millions de dollars. Le CEO et le président du groupe doivent sortir de l’argent de leur propre poche à hauteur de 124 millions de dollars. L’action a chuté de 50% cette année.

« L’immobilier n’est pas une voie durable pour le PIB chinois »

Interrogé par la CNBC, Li Gan, professeur d’économie à l’Université Texas A&M, estime qu’on assiste seulement « au début » d’une correction du marché de l’immobilier en Chine. « Nous avons construit trop de logements, donc la stabilisation doit d’abord venir [de] la coupe du secteur. »

Le professeur estime que 20% de l’immobilier chinois est vacant. Pourtant, les constructeurs ont continué à bâtir des millions de nouvelles unités chaque année. Une bulle s’est alors formée. Et un tas d’investisseurs s’y sont engouffrés.

Les autorités chinoises ont alors intensifié leurs efforts pour freiner les excès dans le secteur immobilier et freiner la spéculation parmi les acheteurs de maisons et d’appartements. Avec certains effets: les prix de l’immobilier – surtout dans les villes de moins de 150.000 habitants – ont entamé une forte baisse.

Li Gan estime « qu’utiliser le secteur immobilier pour augmenter la croissance du PIB n’est pas (…) une voie durable pour la Chine ». Les différentes restrictions et la sortie de plusieurs acteurs (par faillite) devraient permettre de faire baisser la contribution de l’immobilier et de ses industries connexes au PIB de 30 à environ 15% selon Gan.

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