Principaux renseignements
- La coalition au pouvoir en Allemagne est divisée quant à la taille de sa participation dans le constructeur franco-allemand de chars KNDS, à l’approche de son introduction en bourse prévue.
- Les sociaux-démocrates sont favorables à une participation de 40 pour cent pour égaler celle prévue par la France, tandis que le Parti conservateur préconise une participation plus modeste de 30 pour cent afin de minimiser l’engagement financier.
- Un compromis pourrait consister pour l’Allemagne à prendre une participation de 30 pour cent tout en conservant des droits de gouvernance équivalents à ceux de la France.
La coalition au pouvoir en Allemagne est confrontée à des désaccords internes concernant la taille de la participation qu’elle devrait acquérir dans KNDS, le fabricant franco-allemand de chars, avant son introduction en bourse (IPO) prévue.
Points de vue divergents sur la taille de la participation
Les sociaux-démocrates, qui occupent les ministères des Finances et de la Défense, sont favorables à une participation de 40 pour cent, correspondant à la participation prévue du gouvernement français après l’introduction en bourse. À l’inverse, le parti conservateur de Friedrich Merz, qui contrôle le ministère de l’Économie, préconise une participation plus modeste de 30 pour cent afin de minimiser l’engagement financier de Berlin. Cependant, cette participation réduite pourrait affaiblir la position stratégique de l’Allemagne par rapport à la France.
Afin de maintenir l’introduction en bourse prévue en juin, les responsables allemands ont fixé à la fin du mois la date limite pour parvenir à un consensus. KNDS vise une valorisation pouvant atteindre 25 milliards d’euros et a déjà mené plus de 50 réunions préliminaires avec des investisseurs potentiels.
Structure actuelle de l’actionnariat
Actuellement, la France détient la moitié de KNDS, tandis que l’autre moitié appartient à un groupe de familles allemandes fortunées. Le gouvernement français a l’intention de réduire sa participation à environ 40 pour cent par le biais de l’introduction en bourse, tandis que les familles allemandes vendront une partie de leurs actions à la fois à Berlin et aux investisseurs de l’introduction en bourse.
Parmi les compromis possibles, on peut citer une prise de participation de 30 pour cent par l’Allemagne, qui conserverait toutefois des droits de gouvernance équivalents à ceux de la France. Les négociations sont en cours et la décision finale reste incertaine.
Urgence d’une décision
Le président de KNDS, Tom Enders, a exhorté le gouvernement allemand à se mettre rapidement d’accord sur la taille de la participation, soulignant la nécessité de prendre des décisions en temps opportun au cours des prochaines semaines afin de les intégrer au processus d’introduction en bourse. Il met en avant le vif intérêt des investisseurs et les conditions de marché favorables à la cotation.
M. Enders estime que l’Allemagne et la France n’ont pas nécessairement besoin de parts égales après l’introduction en bourse, la France ayant indiqué sa volonté d’accorder à l’Allemagne des droits équivalents même avec une participation initiale plus faible. Il suggère qu’il n’est pas nécessaire d’investir des milliards d’euros provenant des contribuables uniquement pour assurer la parité de participation, préconisant plutôt de donner la priorité aux investissements dans la Bundeswehr allemande.
Vision à long terme
À long terme, Enders propose que les deux gouvernements réduisent leurs participations à 20-25 pour cent, ouvrant ainsi la voie à une prise de participation majoritaire par des investisseurs privés et permettant à KNDS de fonctionner de manière plus flexible, de développer ses activités et d’augmenter sa valeur de marché. (fc)
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