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La Chine exporte ses méthodes Big Brother en Afrique

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Économie

02/11/2018 | Arnaud Lefebvre | 4 min de lecture

La Chine a toujours étéconsidérée par les défenseurs de l’Internet comme le pays aupremier rang des abus de la liberté d’Internet dans le monde.Cependant, ce pays ne se contente pas de resserrer la surveillance enligne sur son territoire, mais exporte certaines de ses méthodes endehors de ses frontières comme en Afrique, dénonce un nouveaurapport du groupe de réflexion Freedom House.

Grâce à la dispense deformations officielles mais également en fournissant uneinfrastructure technologique aux régimes autoritaires et enobligeant les entreprises à se conformer à ses règles de contenumême en dehors de Chine, Pékin devient ainsi capable de contrôlerdes flux d’informations à l’intérieur et à l’extérieur de sesfrontières, explique Quartz.

« Ces tendancesreprésentent une menace pour l’existence et l’avenir de l’Internetouvert et pour les perspectives de renforcement de la démocratiedans le monde”, a expliqué l’organisation à but non lucratifbasée à Washington DC.

L’étude de Freedom Housea évalué les développements liés à la liberté d’Internet entrejuin 2017 et mai 2018 dans 65 pays du monde.

Expansion

La liberté d’Internet etses liens avec la Chine a pris de l’ampleur à mesure que les géantstechnologiques du pays se développent mondialement pour perturberdes secteurs tels que les communications, le commerce électronique,les technologies de reconnaissance faciale et l’intelligenceartificielle.

Dans le cadre de sonprojet d’infrastructure « One Belt, One Road », la Chine développe également une « Route de la soie numérique » qui implémentera des réseaux de fibres optiques dans les pays endéveloppement. Mais étant donné les relations étroites entre lesentreprises de technologie chinoises et les gouvernements, cessystèmes numériques pourraient être utilisés pour des opérationsde renseignement et de surveillance électronique de Pékin, indiquele rapport.

L’année dernière, laChine a organisé des séances sur son système étendu de censure etde surveillance pour des responsables des médias de pays tels que leMaroc, l’Égypte et la Libye. En novembre dernier, elle a égalementorganisé un séminaire de deux semaines sur « Gestion ducyberespace pour les responsables de pays situés le long de la nouvelle route ». Selon Freedom House, ce qui se dit durantces séminaires n’est pas toujours très clair et à la suite de cesréunions, des lois sur la cybersécurité fortement identiques à lalégislation chinoise ont été introduites dans des pays tels queOuganda et la Tanzanie.

Les entreprises chinoisess’efforcent également d’installer des équipements Internet et deréseau mobile en Afrique. Par exemple, Transsion Holdings, dont lesiège est à Shenzhen, est maintenant le plus grand fabricant detéléphones en Afrique. Des startups telles que CloudWalk ont??lancé un programme de reconnaissance faciale massive auZimbabwe. Huawei est devenu le conseiller du Kenya en ce qui concerneses technologies de l’information et de la communication.

Porte dérobée

Toutefois, bien quel’installation de ces infrastructures est fondamentale pour lecontinent, la Chine pourrait également utiliser via celles-ci des « mécanismes de porte dérobée » pour avoir accès à d’énormesquantités de données personnelles, gouvernementales et financières.Plus tôt cette année, des rapports ont accusé Pékin d’avoirpiraté le siège de l’Union africaine à Addis-Abeba et d’avoirtransféré des données pendant plus de cinq ans.

Ces mesures sontappliquées par Pékin et parallèlement, les gouvernements africainsestiment que l’Internet est une menace. Plusieurs fermeturesd’Internet ont lieu mais également des opérations de surveillanceainsi que l’application de lois arbitraires afin de faire taire lesutilisateurs. Via la manipulation de fausses informations, ladiffusion de rumeurs en ligne et afin d’augmenter les recettesintérieures, les gouvernements ont également commencé à appliquerdes taxes sur les offres internet. « Cela représente un coût pour la démocratie et la cohésion sociale mais aussipour la croissance économique, l’innovation et la neutralité duréseau », conclut Quartz.


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