Principaux renseignements
- Les pays occidentaux doivent de toute urgence réduire leur dépendance vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement chinoises avant que la Chine ne consolide sa domination industrielle à l’échelle mondiale. C’est l’avertissement lancé par la Chambre de commerce américaine.
- La Chine met en œuvre une « politique industrielle globale » visant à s’étendre au-delà des secteurs traditionnels et à remodeler l’ensemble de l’écosystème industriel mondial.
- La croissance rapide de l’excédent commercial chinois témoigne non seulement de son succès dans la production de biens de haute technologie, mais aussi de sa capacité à remplacer les importations par des alternatives nationales.
La Chambre de commerce américaine avertit que le temps presse pour les pays occidentaux qui souhaitent réduire leur dépendance vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement chinoises, alors que Pékin étend agressivement sa domination industrielle. La Chambre souligne l’intervention croissante de l’État chinois dans divers secteurs, notamment l’industrie manufacturière, les services et les technologies de pointe, conduisant à une « nouvelle phase d’impact mondial ». C’est ce qu’écrit le Financial Times.
L’influence croissante de la Chine
Cette expansion se caractérise par une dépendance commerciale croissante et la croissance internationale rapide des entreprises chinoises. De plus, la Chine utilise des outils tels que les contrôles à l’exportation pour consolider sa position dans les chaînes d’approvisionnement mondiales tout en contrant les efforts déployés par d’autres nations pour diversifier leurs sources d’approvisionnement.
La Chambre reconnaît que les avertissements précédents concernant les politiques industrielles chinoises, tels que le programme « Made in China 2025 » visant à renforcer l’autonomie dans les technologies critiques, ont été largement ignorés. Malgré les rapports et une prise de conscience généralisée, de nombreux pays n’ont pas su réagir efficacement.
Excédent commercial croissant
Le rapport du Rhodium Group, commandé par la Chambre de commerce américaine, révèle que la Chine passe d’une intervention sectorielle ciblée à une « politique industrielle globale » couvrant tous les domaines. Cette stratégie vise à étendre la domination de la Chine au-delà des secteurs traditionnels tels que les minéraux critiques et les aimants, pour englober une gamme plus large de produits industriels. Le rapport souligne également l’importance croissante accordée aux services dans les plans de développement industriel de la Chine.
Une conséquence majeure de cette politique est la croissance rapide de l’excédent commercial chinois en biens, qui a doublé depuis 2019 pour atteindre 2 000 milliards de dollars (1 700 milliards d’euros). Ce « China Shock 2.0 » marque un glissement de la fabrication à bas coût vers une économie plus avancée sur le plan technologique et compétitive à l’échelle mondiale.
Menace pour les économies avancées
La Chine réalise des percées significatives dans des secteurs tels que la chimie, la machinerie et les équipements industriels, s’appuyant sur ses succès antérieurs dans les véhicules électriques et les énergies propres. Le rapport met en garde contre le fait que la dépendance mondiale vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement chinoises pour des produits critiques s’accentue, la Chine utilisant la réglementation et la coercition économique pour maintenir son contrôle.
Camille Boullenois, autrice principale du rapport, souligne la « menace réelle » que représentent les politiques industrielles en évolution de la Chine pour les moteurs économiques des nations industrialisées avancées comme l’Allemagne. Elle met en avant l’érosion des avantages technologiques et industriels dont ces pays disposaient traditionnellement dans des secteurs tels que la chimie, l’automobile, la machinerie et la robotique.
Remplacer les importations
Le dernier plan quinquennal souligne encore davantage l’ambition de la Chine en intégrant pour la première fois des technologies de pointe telles que la biofabrication, l’énergie de fusion nucléaire et les interfaces cerveau-ordinateur. Cette vision élargie suggère un glissement de la cible de secteurs stratégiques spécifiques vers une refonte de l’ensemble de l’écosystème industriel.
La croissance de l’excédent commercial reflète non seulement la réussite de la Chine à remonter la chaîne de valeur de la production et à exporter des biens de haute technologie, mais aussi sa capacité à remplacer les importations par des alternatives produites localement.
Portée mondiale des entreprises chinoises
Les entreprises chinoises dépendent de plus en plus des revenus générés hors de Chine, les 500 plus grandes entreprises chinoises tirant en moyenne 47 pour cent de leur chiffre d’affaires total de leurs ventes à l’étranger d’ici 2024, un chiffre comparable à celui des entreprises américaines.
Jörg Wuttke, ancien directeur de la Chambre de commerce européenne en Chine, souligne la menace grave qui pèse sur les économies manufacturières et orientées vers l’exportation comme le Japon et la Corée du Sud. Il souligne également que l’Europe est confrontée à un formidable défi économique en raison de la surcapacité de la Chine et de la force de l’euro face au renminbi. (fc)
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