La Belgique a perçu 42,5 millions d’euros en juillet grâce à la nouvelle taxe sur les colis en provenance de pays hors UE


Principaux renseignements

  • La Belgique a encaissé 42,5 millions d’euros en juillet grâce à une nouvelle taxe européenne sur les colis en provenance de pays hors UE, appelée « taxe sur les colis ».
  • Les géants chinois du commerce électronique contournent ces frais en regroupant leurs envois ou en utilisant des centres de distribution situés dans l’UE.
  • Les entreprises locales affirment que cette taxe ne parvient pas à endiguer l’afflux de marchandises bon marché et de mauvaise qualité.

Le Trésor public belge a enregistré une manne financière considérable de 42,5 millions d’euros pour le seul mois de juillet, suite à l’introduction d’une taxe européenne à l’importation sur les colis en provenance de pays tiers. C’est ce que rapporte Het Laatste Nieuws.

Cette taxe, qui s’élève à 3 euros par ligne de produit sur les envois en provenance de pays hors UE, pourrait potentiellement rapporter un demi-milliard d’euros par an à l’État belge. Si 75 pour cent de ces recettes sont reversées à l’Union européenne, l’État membre dans lequel les marchandises entrent conserve les 25 pour cent restants.

Les géants du commerce électronique dans le collimateur

L’objectif principal de cette mesure est de freiner le volume massif de fret aérien à bas coût et d’éliminer l’avantage concurrentiel déloyal dont bénéficient les géants chinois du commerce électronique tels que Temu, Shein et AliExpress. Auparavant, ces plateformes échappaient totalement aux droits d’importation.

Désormais, une redevance est prélevée en fonction de la variété des articles. Par exemple, un envoi contenant à la fois des chaussures et des pantalons est soumis à une redevance de 6 euros, tandis que deux paires de pantalons comptent pour une seule ligne de produit.

Des forfaits moins souvent bon marché

Les premières données douanières suggèrent que cette taxe porte ses fruits, avec une baisse de 35 pour cent des déclarations de colis bon marché en juillet, soit environ 1,26 million de colis en moins. Cependant, des experts tels que l’économiste des transports Roel Gevaers et le directeur des douanes Kristian Vanderwaeren estiment que cette baisse pourrait être trompeuse.

Ils soulignent en effet une augmentation de 10 pour cent des colis d’une valeur supérieure à 150 euros, seuil à partir duquel la taxe ne s’applique pas. Cela indique que les détaillants chinois regroupent plusieurs articles en un seul envoi plus volumineux afin de minimiser les frais.

Contournement

De plus, ces entreprises contournent de plus en plus souvent la taxe en utilisant des centres de distribution situés au sein de l’UE, comme l’immense entrepôt de Shein en Pologne. Cette stratégie permet non seulement d’éviter la taxe à l’importation, mais aussi d’accélérer les délais de livraison pour les consommateurs européens.

Par ailleurs, de nombreuses plateformes ont pris en charge ce coût ou l’ont subtilement intégré dans leurs prix afin d’éviter que les clients n’abandonnent leur panier.

Les recettes de l’État devraient augmenter à mesure que la période creuse de l’été touche à sa fin et que les événements commerciaux phares, tels que le Black Friday, approchent. Par ailleurs, de nouveaux frais de manutention compris entre 2 et 4 euros par colis devraient être introduits le 1er novembre afin de financer les contrôles de qualité indispensables.

Préoccupations des entreprises locales

Malgré ces changements, les représentants des entreprises locales estiment que cette taxe est insuffisante. Greet Dekocker, de Becom, affirme sur HLN qu’une légère augmentation des prix n’empêchera pas l’afflux de marchandises de mauvaise qualité et non conformes, car ces produits restent extrêmement bon marché en raison de leurs normes de fabrication médiocres. (fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus