La BBC est-elle devenue ‘un dinosaure à l’ère de Netflix’?

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Le Premier ministre britannique Boris Johnson veut profiter de sa victoire électorale pour réformer un certain nombre d’institutions. L’une d’elle est le radiodiffuseur public britannique, la BBC.

Selon les conservateurs britanniques, les gens ne devraient plus être mis à l’amende s’ils ne paient pas leurs frais de visionnage et d’écoute. 26 millions de familles britanniques paient actuellement 157,5 livres sterling (185 euros) par an pour leur radiodiffuseur public, ce qui ajoute 3,7 milliards de livres à son portefeuille. Les plus de 75 ans visionnent eux la télévision gratuitement. En 2018, 121.000 Britanniques ont été condamnés à une amende moyenne de 176 livres pour défaut de paiement.

Et le parti conservateur pourrait bien faire perdre à la BBC son financement en 2027, lorsque l’accord actuel sur les médias expirera.

Pour la ministre de la Culture, la baronne Nicky Morgan, la BBC est un jeu de pions. Mercredi, elle a prononcé un discours sur l’avenir des médias britanniques. Elle y déclare que ‘le radiodiffuseur public attend le sort de la chaîne vidéo enterrée Blockbuster, si elle ne s’adapte pas au nouveau paysage médiatique’. Le Premier ministre est du même avis. Johnson lui-même a écrit en 2012 que ‘si nous ne pouvons pas changer la BBC, nous ne pouvons pas changer le pays.’

Les Britanniques eux-mêmes sont divisés sur la question. Certains pensent que Johnson veut changer les règles du jeu pour des raisons politiques et pointent du doigt la portée importante de la chaîne. La réputation et l’influence dont jouit la BBC dans le reste du monde ne doivent pas non plus être sous-estimées.

‘Sans intérêt, surtout pour les jeunes’

Selon le tabloïd The Sun, le radiodiffuseur avait un sens en 1946, mais aujourd’hui, la BBC est devenue ‘un dinosaure de l’ère Netflix’. Selon le journal, la chaîne est ‘sans intérêt pour beaucoup et surtout pour les jeunes, qui regardent YouTube pour s’informer’. Le journal plaide en faveur d’une BBC fortement réduite, qui ne se concentrerait que sur la radio et la télévision de qualité.

Tout autre son de cloche du côté de The Guardian. ‘Prétendre que Netflix est l’avenir et la BBC le passé est tout simplement faux. Pour séduire des millions de téléspectateurs, Netflix s’est endetté de plusieurs milliards. Le service universel nécessite un financement universel. Les alternatives: moins de programmes ou moins de téléspectateurs.’

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