James Webb pourrait-il détecter des indices de vie sur des planètes lointaines ?

Comme une immense fleur dont la corolle prendrait tout son temps pour se déployer, le télescope spatial James Webb, lancé en décembre dernier, se prépare tout doucement à débuter sa mission. Il faudra encore quelques mois, pour que l’engin de la superficie d’un court de tennis et qui s’est placé en orbite au point de Lagrange L2, au-delà de la Lune, à plus d’un million et demi de kilomètres de la Terre, soit totalement opérationnel. Mais dans les milieux scientifiques, on spécule déjà à tout va sur ce qu’il nous permettra d’observer. Et certains espèrent que James Webb nous permettra de mieux orienter nos recherches dans la quête de formes de vie extraterrestre.

Depuis quelques années, les astronomes, les physiciens et les chimistes s’intéressent beaucoup aux indices, observables depuis les immensités de l’espace, qui peuvent suggérer qu’un astre abrite (ou abritait auparavant) des formes de vie. Dans notre propre système solaire, la récente découverte de phosphine dans l’atmosphère de Vénus a suscité des spéculations selon lesquelles ce produit chimique pourrait être créé par une forme de vie microbienne, et cette théorie suscite encore des débats passionnés. Quant à une possible vie végétale extraterrestre, si l’on part du principe qu’elle utilise la photosynthèse pour obtenir de l’énergie, elle pourrait être détectée dans les longueurs d’onde infrarouges, car la chlorophylle absorbe la lumière visible, mais est très visible dans l’infrarouge, et donnerait aux planètes couvertes de feuillage un « bord rouge » distinct.

La pollution qui (nous) trahit

Une photo d’un seul pixel d’une planète lointaine pourrait contenir suffisamment d’informations pour nous dire si une vie biologique s’y trouve, sur la base des informations stockées dans les longueurs d’onde de la lumière qui atteignent l’objectif du télescope. Et ça sera parfaitement dans les cordes de James Webb, même si les données brutes qu’il nous transmettra devront ensuite être confrontées aux limites de l’imagination des scientifiques chargés de les interpréter. Car au delà de notre système solaire, et encore, on n’est pas près d’aller vérifier sur place.

James Webb pourrait aussi potentiellement détecter certains polluants, comme les chlorofluorocarbones, dans l’atmosphère d’une planète lointaine, selon une récente étude. Des composés qui, chez nous, étaient responsable des « trous » dans la couche d’ozone qui ont terrifié les années 1980 et qui marquaient une première vague de prise de conscience de notre impact sur la planète. Mais qui, pour nos observateurs de l’espace, pourraient trahir la présence d’une vie évoluée, capable d’une activité industrielle et vivant sur un astre lointain. En d’autres termes relève Science Alert, certains des pires sous-produits de l’humanité – notre pollution – sont peut-être les éléments qui nous rendent détectables. Et cela signifie que nous pourrons peut-être trouver d’autres espèces capables des mêmes erreurs que nous.

Détecter des civilisations comparables à la nôtre ?

« Avec le lancement du JWST, l’humanité pourrait être très proche d’une étape importante dans la recherche d’une intelligence extraterrestre : celle où nous sommes capables de détecter à partir d’étoiles proches non seulement des transmissions puissantes, délibérées, transitoires et hautement directionnelles comme les nôtres (comme le message d’Arecibo), mais aussi des technosignatures passives et cohérentes de la même force que les nôtres », conclut l’étude. Et il n’est pas exclu que cette découverte de l’altérité ultime soit un choc tant pour notre espèce que pour celle d’en face. Mais vu les distances, nous n’en sommes pas encore à songer à quel signe ou symbole nous servira à nous saluer.

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