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Ivre de confiance, Donald Trump plonge dans un nouveau scandale d’ingérence politique

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Politique

14/02/2020 | Sonia Romero | 7 min de lecture

President Donald Trump en minister van Justitie William Barr. (EPA-EFE/MICHAEL REYNOLDS)

Washington est de nouveau secoué par une violente polémique, cette fois au sujet de l’ingérence du président américain dans le procès de son vieil ami, Roger Stone. Au cœur de ce scandale… : les tweets présidentiels.

Depuis qu’il a gagné (sans surprise) son procès en destitution, Donald Trump semble croire qu’il est tout-puissant. Il a d’abord condamné (et insulté) ses détracteurs dans son discours de ‘victoire’, les qualifiant successivement de ‘vicieux’ et ‘d’horribles’. Plus confiant que jamais, le président américain a également décidé d’intervenir dans le procès en cours de Roger Stone.

Consultant et lobbyiste très controversé, Roger Stone est surtout un ami de longue date et un ancien conseiller du président américain. Il l’avait d’ailleurs grandement aidé à décrocher la victoire lors des élections de 2016. Roger Stone, c’est aussi un homme reconnu coupable le 15 novembre dernier de sept chefs d’accusation dont la subornation de témoins, le parjure et de faux témoignages. L’affaire en question: la fameuse ingérence russe dans l’élection présidentielle.

Les procureurs ont requis ce lundi entre 7 et 9 ans de prison contre lui, alors que la peine finale doit être prononcée le 20 février. Une condamnation que Trump juge excessive, ce qu’il s’est empressé de partager sur Twitter, dénonçant une ‘erreur judiciaire’.

‘Un comportement fasciste’

Le lendemain, le ministère publique a ramené la peine à trois ou quatre ans de prison au nom des ‘intérêts de la justice’. Un timing déjà bien curieux qui prend des airs dangereux lorsque Trump félicite le ministre de la Justice William Barr (toujours sur Twitter) ‘pour s’être saisi d’un dossier qui échappait à tout contrôle et n’aurait peut-être jamais dû être monté’. Ça, ça ne passe pas.

Résultat: les quatre procureurs se sont dessaisis de l’affaire et deux ont même décidé de quitter leur fonction. Plus confiant que jamais, Donald Trump a ensuite mis en cause la juge en charge du dossier, sur Twitter toujours, un comportement qu’Hillary Clinton a qualifié de fasciste.

L’opposition démocrate n’a pas non plus attendu pour dénoncer une ingérence politique dans ce dossier judiciaire, évoquant même un possible ‘abus de pouvoir’. La chef des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a ainsi dénoncé une décision ‘scandaleuse’ de l’administration Trump qui ‘affecte l’Etat de droit’.

‘Il s’agit d’un abus de pouvoir – le président tente à nouveau de manipuler les forces de l’ordre fédérales pour servir ses intérêts politiques’, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse. ‘Ce n’est pas le but de l’Amérique. C’est tellement injuste’. Si le ministère de la Justice a affirmé que sa décision avait été prise avant le tweet de Donald Trump, la crise politique est déjà lancée.

Le ministre de la Justice accusé de favoriser Trump

Dans cette histoire, le ministre de la Justice, William Barr, a beaucoup à perdre. Depuis sa nomination, ses prises de position ont souvent été interprétées comme favorables au président, mais il a cette fois décidé de s’en désolidariser. Accusé par l’opposition d’utiliser son poste pour servir les intérêts personnels de Donald Trump, il sera interrogé lors d’une audition au Congrès le 31 mars. La candidate à l’investiture démocrate, Elizabeth Warren, a par ailleurs réclamé sa démission ou une procédure de destitution. On comprend que le procureur général ne veuille pas aggraver son propre cas…

Il a ainsi déclaré jeudi que les attaques du président contre les procureurs, le juge et les jurés dans ce procès ont ‘sapé le travail’ du ministère de la Justice, ajoutant qu’il ne se laisserait ‘intimider’ par personne. Il a également ajouté que les tweets de Donald Trump critiquant des personnes impliquées dans l’affaire Roger Stone l’empêchent de faire son travail.

‘Je ne vais pas être intimidé ou influencé par qui que ce soit… Que ce soit le Congrès, une rédaction de journal ou le président’, a affirmé William Barr. ‘Je ne peux pas faire mon travail ici au ministère avec un commentaire de fond constant qui me rabaisse’, a-t-il ajouté. ‘Je pense qu’il est temps d’arrêter de tweeter sur les affaires criminelles du Département de la Justice’, visant un Donald Trump qui tweete plus vite que son ombre.

Pas sûr toutefois que la réaction de la Maison Blanche n’intervienne en sa faveur, pas le moins du monde gênée par ses remarques. ‘Le président a une confiance totale dans le procureur général Barr pour faire son travail et faire respecter la loi’, a ainsi déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Stephanie Grisham, dans un communiqué.

En attendant, Donald Trump continue de se lâcher sur Twitter, où il s’est désormais engagé dans une lutte de haut vol avec Mike Bloomberg, ou ‘Mini Mike’ comme il aime l’appeler…

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Source: Reuters


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