La moitié des pays de l’euro zone bascule dans une inflation de plus de 10%

Eurostat a remis son rapport pour le mois de juin sur l’inflation dans la zone euro. Et comme redouté, le bulletin n’est vraiment pas bon. Les yeux se tournent maintenant vers la BCE.

La moyenne des prix à la consommation est de 8,6% dans la zone euro. C’est bien sûr l’énergie qui tire toujours l’inflation vers le haut, suivi par l’alimentation, l’alcool et le tabac, les biens industriels et enfin les services. C’est plus que l’estimation qui était de 8,4%, et que l’inflation moyenne du mois de mai qui était de 8,1%. La hausse des prix s’installe sur le Vieux Continent.

Pour établir ses estimations, Eurostat utilise des données harmonisées. Ce qui peut créer une petite différence avec les estimations nationales. Ainsi, la Belgique atteint une inflation de 10,5%, alors que Statbel a récemment fait état d’une inflation de 9,65%.

En tout, 9 pays sur les 19 que compte l’euro zone sont au-dessus de la barre des 10%: le trio balte touché de plein fouet par l’énergie, à savoir l’Estonie (22%), la Lituanie (20,5%), la Lettonie (19%), la Slovaquie (12,5%), la Grèce (12%), la Slovénie (10,8%), le Luxembourg (10,3) et l’Espagne (10%). Les Pays-Bas échappent tout juste au seuil avec 9,9%.

En fait, seule la France (et Malte) parvient à tirer son épingle du jeu avec une inflation à 6,5%. Mais on le sait, c’est essentiellement dû à l’établissement d’un bouclier tarifaire sur les prix de l’électricité. En tant que grand pays producteur (nucléaire), la France peut se le permettre au détriment des géants de l’énergie (Engie, EDF).

BCE

Une lueur d’espoir dans ces nuages sombres : l’inflation de l’Allemagne a baissé de 8,7 à 8,2%. Un signe avant-coureur pour la zone euro ?

Reste que cette inflation galopante n’est pas une surprise. Tous les regards se tournent vers Christine Lagarde et la BCE qui doivent procéder, au mois de juillet, à une première hausse des taux d’intérêt en 11 ans.

La principale question est de savoir de combien de points ? Lagarde a livré un discours plus musclé que d’habitude en début de semaine (pas de méa culpa, faut pas exagérer), tout en indiquant que la situation était différente des États-Unis, qui, pour rappel, ont procédé à une hausse des taux d’intérêt de 75 points le mois dernier.

Lagarde explique souvent le décalage entre la politique de la BCE et de la Fed par le fait que l’Europe a un marché du travail moins florissant qu’aux États-Unis, et que l’Europe est davantage touchée par la crise de l’énergie. Tout cela est vrai, mais pas décisif. En fait, il s’agit d’une décision nettement plus politique, dans la mesure où une augmentation des taux d’intérêt ferait peser sur les dettes des pays du sud de l’Europe une charge supplémentaire. Or, le but de la BCE est de garder tout le monde dans le même bateau, et de ne pas créer, par exemple, un trop grand trou entre l’Italie et l’Allemagne.

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