L’Inde et la Chine vont-elles enfin provoquer un trou dans le trésor de guerre de Poutine ?

Avec l’embargo européen et le potentiel plafond des prix du G7, certains raffineurs indiens n’ont pas encore osé passer de commande de brut russe pour le mois de décembre. Une nouvelle tendance provoquée par une trop grande incertitude, et qui aura des conséquences sur les revenus russes.

Pourquoi est-ce important ?

Le pétrole est le nerf de la guerre ; c'est d'autant plus vrai pour la Russie de Poutine qui finance son invasion de l'Ukraine par la vente de brut. Or la Chine et l'Inde, deux des trois plus gros importateurs au monde, ont jusqu'ici refusé de se sevrer de pétrole russe, au contraire. Mais l'embargo européen fait peur ; les raffineurs indiens semblent soudainement moins avides du pétrole du Kremlin.

Les faits : Reliance Industries Ltd, l’opérateur du plus grand complexe de raffinage du monde, n’a pas encore passé de commande de brut russe pour décembre, de même pour l’entreprise publique indienne Bharat Petroleum Corp.

  • Entre l’embargo européen qui entre en vigueur le 5 décembre prochain et le plafond des prix sur la table du G7, les raffineurs indiens sont inquiets.
  • « Il y a trop d’incertitudes liées au mécanisme de plafonnement. Nous ne savons pas quel pourrait être le mécanisme de paiement et quel pourrait être le niveau du plafond », explique une source de l’entreprise publique à Reuters.
  • Il y a aussi la crainte de sanctions : les assureurs des navires de transport se trouvent principalement en Europe.

L’enjeu : Après une période faste stimulée par des prix bas, il semblerait que le brut russe n’a plus la cote. Une perte sèche pour le régime de Poutine.

  • Cette soudaine frilosité devant le pétrole russe ne fait pas les affaires de Poutine, alors que le brut constitue un de ses principaux produits d’exportation. Or cette manne financière est essentielle à la Russie pour se fournir en armes : on estime le butin des hydrocarbures à plus de 100 milliards de dollars depuis le début de l’année, rien que pour l’Europe.
  • Une réduction des achats de la part de ces deux pays obligerait la Russie à rechercher encore d’autres clients pour vendre son brut, et sans doute à baisser ses prix, alors que les Russes bradaient déjà leur pétrole pour écouler leur trop-plein de production.
  • Les raffineurs chinois aussi réduisent leurs commandes. L’Arabie saoudite est redevenu en septembre le premier fournisseur de pétrole pour Pékin.

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