Google reçoit sa première plainte pour traçage d’utilisateurs dans l’UE

Sopa Images/Sipa USA

Max Schrems, militant autrichien de la protection de la vie privée, a déposé une plainte contre Google ce mercredi. Il craint que le géant technologique ne surveille illégalement les utilisateurs et ne transmette leur identifiant de suivi aux annonceurs, dans le cadre du tracing du coronavirus.

Son groupe de campagne nommé Noyb a déposé mercredi une plainte auprès de l’autorité autrichienne de protection des données. Il accuse Google de suivre les utilisateurs de smartphones Android grâce à un identifiant unique qui ‘permet à Google et à d’innombrables tiers’ de surveiller les utilisateurs, indique Bloomberg.

Schrems s’appuie sur les règles (strictes) de l’Union européenne en matière de protection des données. Celles-ci exigent le consentement des personnes avant d’être suivies, déclare le groupe militant dans un communiqué. En cas de violation grave, les régulateurs de données peuvent imposer des amendes pouvant aller jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial d’une entreprise. Avec Google, on part sur du gros gibier.

‘Google ne recueille pas de consentement valide avant de générer l’identifiant de suivi, mais semble générer ces identifiants sans le consentement de l’utilisateur’, indique Noyb.

‘Android ne permet pas de supprimer l’identifiant de suivi. Il permet seulement aux utilisateurs de générer un nouveau tracking ID pour remplacer le tracking ID existant. Cela ne supprime pas les données qui ont été collectées auparavant, ni n’arrête le suivi à l’avenir’, ajoute le groupe. L’entreprise a décliné tout commentaire.

Mi-avril, Google avait annoncé collaborer avec Apple afin d’utiliser la technologie Bluetooth pour le suivi des contacts dans la lutte contre le coronavirus. A la fin du mois dernier, ils ont dévoilé une version bêta de leur logiciel de traçage. Celui-ci doit alimenter des applications qui font de la ‘recherche numérique de contacts’ afin d’informer les utilisateurs s’ils ont pu être exposés au Covid-19.

Le tout sans collecter ni partager de données sur leur identité afin de garantir le respect de la vie privée, assurent les géants technologiques. Mais des groupes militants pour la protection des données et de la vie privée s’inquiètent de la menace que représente une telle application pour la liberté des utilisateurs.

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