Les funérailles d’Elisabeth II : un grand coup de marketing bien nécessaire pour le Royaume-Uni

Depuis quelques années, c’est un vent fort peu favorable qui souffle outre-Manche : après diverses pénuries causées par le Brexit, une crise énergétique grave couplée à une hausse vertigineuse de l’inflation et une instabilité politique persistante, voilà que la reine, un des rares facteurs d’union dans ce Royaume de moins en moins uni, décède.

Mais paradoxalement, la mort de la souveraine – dont la succession et les funérailles étaient réglées avec une précision d’horlogerie depuis longtemps – offrira peut-être aux Britanniques un souffle économique dont ils ont grandement besoin.

Des centaines de milliers de touristes

Alors que les funérailles de la reine se tiendront ce lundi, en présence de nombreuses délégations étrangères soumises à un protocole strict – et à des normes de transport draconiennes pour ce genre de public – les experts prévoient une augmentation du tourisme national et international bien au-delà de la période de deuil officielle, relève Politico. Des centaines de milliers de personnes sont attendues à Londres pour lui rendre hommage, et cet engouement inédit devrait s’avérer très positif pour des secteurs touristique et hôtelier qui ont énormément souffert de la pandémie et du divorce avec l’Union européenne. « Londres va bien se porter au cours des prochains jours », a déclaré Kevin Kaley, directeur de la société de conseil Tourism UK et ancien président de la Tourism Society.

Une bonne santé attendue pour le secteur touristique qui, d’ailleurs, ne concerne pas que la capitale anglaise et britannique : plus au nord, en Écosse, où Élisabeth II a passé ses derniers instants dans son château de Balmoral, on s’attend aussi à voir tomber la manne mémorielle. Les cérémonies en hommage à la reine défunte et le tour du Royaume-Uni de son héritier, le désormais Charles III, représentent d’ailleurs une immense vitrine publicitaire à l’international pour toutes les villes et régions traversées.

Ruée sur les bibelots royaux

Un engouement mémoriel qui se traduit aussi par de très bonnes ventes dans les boutiques de souvenirs, en particulier autour de Buckingham Palace : les produits à l’effigie d’Élisabeth II s’arrachent comme des petits pains. Ceux à celle de son fils ainé, un peu moins, admet pour le média européen Michael Bloomberg, de la société Lambert Souvenirs, dont la boutique est située près de Trafalgar Square. « Je pense que dans le cas de la reine, les articles seront populaires pendant un certain temps, car elle était si spéciale. La princesse Diana est toujours très en haut de la liste en ce qui concerne les prix élevés, mais maintenant que nous avons perdu notre chère reine, je pense que cela va probablement changer. » Quant à Charles III, le commerçant admet avec tact qu’il se peut que son statut de roi fasse un peu décoller les ventes.

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