Principaux renseignements
- Les anciens pays « PIIGS » ont considérablement amélioré leur crédibilité budgétaire.
- L’Allemagne et la France font désormais l’objet d’une surveillance économique accrue.
- L’Italie reste la seule à la traîne dans un contexte de reprise régionale plus générale.
La récente révision à la hausse de la note de crédit du Portugal par Fitch, la deuxième en l’espace d’un an, marque un tournant décisif pour le groupe de pays autrefois désignés comme les « PIIGS » (Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Espagne)lors de la crise financière de 2011, rapporte Reuters.
Alors que les marchés mondiaux sont actuellement sous pression en raison de l’augmentation de la dette publique et de l’inflation aux États-Unis, les rôles des leaders financiers et des pays à la traîne de la zone euro se sont inversés. L’Allemagne, autrefois considérée comme la référence, voit son statut AAA remis en question après des changements politiques en Saxe-Anhalt. Les rendements des Bunds à 10 ans ont ainsi atteint leur plus haut niveau depuis 2011.
Nouvelle hiérarchie budgétaire
À l’inverse, l’Italie, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne ont renforcé leur situation budgétaire. Les rendements de leurs obligations sont tombés sous ceux de la France, autrefois considérée comme un pilier de la stabilité économique de la zone euro.
Les agences de notation ont globalement évalué ces pays de manière positive. Toutefois, la reprise reste inégale. L’Italie fait notamment figure d’exception, avec une croissance stagnante et une dette publique élevée qui continuent de peser sur son économie.
L’évolution des taux obligataires
La trajectoire des taux obligataires a considérablement changé depuis fin 2011. À cette époque, les taux des cinq pays concernés avaient atteint un pic proche de 7,5 pour cent. La tendance ne s’est inversée qu’après l’engagement de Mario Draghi à protéger l’euro à tout prix. Cette promesse a finalement ouvert la voie aux mesures d’assouplissement quantitatif lancées en 2015.
La pandémie de 2020 a de nouveau touché ces pays de manière similaire. Le conflit en Ukraine a ensuite créé des différences selon la manière dont chaque pays a géré les coûts énergétiques et l’inflation. Aujourd’hui, les rendements vont de 3,5 pour cent en Irlande à plus de 4 pour cent en Grèce et en Italie.
Des reprises divergentes des notations
Les reprises des notations de crédit ont également connu de fortes disparités. La Grèce a enregistré la progression la plus impressionnante, avec un bond de 13 crans. Il s’agit de l’une des remontées les plus importantes jamais observées pour une dette souveraine.
Le Portugal et l’Irlande ont eux aussi récupéré une grande partie de leur crédibilité perdue. Les progrès de l’Espagne ont été plus progressifs. L’Italie reste en revanche à la traîne, avec seulement des améliorations marginales de ses notations.
Trajectoires de dette
Les trajectoires de dette permettent de mieux comprendre ces différences. La Grèce et le Portugal ont enregistré les redressements les plus spectaculaires. Selon les projections du FMI, la dette grecque devrait passer d’un pic de plus de 209 pour cent du PIB en 2020 à environ 137 pour cent en 2026.
L’Irlande a connu un redressement encore plus marqué. Les investissements des multinationales ont stimulé son PIB et fait passer son ratio d’endettement de 120 pour cent en 2012 à environ 30 pour cent. Le Portugal et l’Espagne ont progressé de manière régulière. En Italie, la situation s’est en revanche détériorée.
En raison d’une faiblesse économique chronique, le ratio dette/PIB du pays augmente depuis 2024. Il a ainsi dépassé son niveau de 2011 et devrait cette année dépasser celui de la Grèce. (zvm) (at)
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