Un euro symbolique: la douloureuse sortie du géant du pétrole norvégien Equinor de Russie

Après de longs mois de négociations, la compagnie pétrolière norvégienne a pu couper tous les cordons qui la liaient à la Russie, au début du mois de septembre. Certains détails commencent à émerger sur ce divorce long et cher : Rosneft a racheté les parts du groupe norvégien pour un euro symbolique.

Un véritable exode. Avec la guerre en Ukraine, de nombreuses entreprises occidentales ont quitté la Russie. Les unes d’un coup, les autres petit à petit.

Pour Equinor, géant norvégien du pétrole, la sortie définitive du pays n’a été actée qu’en début de ce mois, après avoir été initiée le 27 février. La société est ainsi la première compagnie pétrolière occidentale à complètement quitter le pays.

Divorce long et cher

Les coulisses de cette sortie sont désormais connues. Trois sources du secteur décrivent la situation à Reuters. Les négociations, d’abord, ont duré de longues semaines. Les représentants d’Equinor ont négocié avec ceux de Rosneft, le géant russe du pétrole, qui eux devaient rapporter au Kremlin, un adversaire de négociation redouté.

L’accord qui a finalement été trouvé s’avère très cher pour Equinor. Le Norvégien transfère ses passifs et ses engagements d’investissement futurs, valant ensemble un milliard d’euros, à Rosneft. En contrepartie, le Russe rachète les parts qu’Equinor avait dans leurs quatre coentreprises pour un euro symbolique.

Au premier trimestre de cette année, les actifs totaux d’Equinor en Russie étaient encore évalués à 1,1 milliard de dollars. Aujourd’hui, la société n’en a plus aucun. Les sommes totales récoltées pour ces ventes ne seront sans doute jamais communiquées.

Les négociations avec Rosneft ont été clôturées en mai, mais ces détails ne sont révélés que maintenant. Par ailleurs, ce n’est qu’en septembre, avec la vente de la part de 30% qu’Equinor avait dans le champ pétrolier arctique Kharyaga à la compagnie publique russe Zarubezhneft (pour un montant inconnu), que le Norvégien a définitivement quitté le pays. Ses concurrents Shell, BP et Exxon Mobile ont des actifs encore plus importants en Russie, valant des dizaines de milliards de dollars. Les groupes indiquent ne pas trouver d’acheteurs. Les ventes doivent en plus être approuvées par le Kremlin, une mesure décidée dans l’exode général qui a suivi le début de l’invasion russe en Ukraine.

10 ans de coopération

Cette sortie met fin à une collaboration qui a duré 10 ans. Les deux compagnies avaient passé des accords pour partir à la recherche de pétrole dans le sud du pays, dans le Pacifique et même en Arctique. Par la même occasion, Rosneft a participé dans des projets de recherche au large de la Norvège.

Les deux pays voulaient ainsi relancer leur coopération, après qu’une entente a été trouvée concernant une dispute territoriale. Le tracé de leurs frontières dans la mer de Barents les avait opposés pendant 40 ans, rappelle Reuters.

Depuis 2012 et les premiers accords, la coopération dans l’Arctique a dû être arrêtée, suite aux sanctions après l’annexion de la Crimée, mais la coopération sur d’autres projets a bien continué, notamment en Sibérie. Un méga-projet de plusieurs milliards de dollars a été abandonné, faute d’accord final. Celui-ci prévoyait de forer dans les réserves gigantesques de la Sibérie.

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