Le géant pétrolier russe Rosneft peut offrir un dividende record malgré les sanctions occidentales

La hausse des prix du pétrole permet à Rosneft de verser un dividende record pour 2021.

  • La société d’État russe a déclaré aujourd’hui qu’elle verserait 23,63 RUB par action à titre de dividende final, ce qui porte le versement de l’année dernière à 41,66 RUB (soit environ 0,66 EUR).
  • Au total, l’entreprise publique russe versera à ses actionnaires 441,5 milliards de roubles (6,5 milliards d’euros), rapporte le journal économique Financial Times.
  • Ce dividende record représente la moitié du bénéfice net annuel de Rosneft, soit 883 milliards de roubles. Il s’agit du revenu net le plus élevé jamais enregistré par l’entreprise, une somme qui restera dans les annales. Le bénéfice est presque six fois supérieur à celui de l’année précédente, lorsque la pandémie avait entraîné un effondrement de la demande de pétrole.

Cette répartition substantielle des bénéfices souligne la manne que représente la hausse des prix des matières premières pour le Kremlin. Et le boom continue : le pétrole brut de référence européen, le Brent, a franchi aujourd’hui le cap des 120 dollars le baril pour la première fois en deux mois. L’incertitude quant à l’offre future continue de planer comme un nuage sombre sur le marché pétrolier.

Des bâtons dans les roues

Malgré le coup de pouce de ces bons chiffres, Rosneft peine à maintenir ses niveaux de production. Les mesures punitives occidentales, instituées en raison de l’invasion russe en Ukraine, commencent à mettre des bâtons dans les roues de l’entreprise.

Bien que seuls le Royaume-Uni et les États-Unis aient interdit les importations de pétrole russe, de nombreux acteurs du marché ont imposé des boycotts et évité les approvisionnements russes. Les tracas liés au transport et à l’assurance des cargaisons de pétrole, entre autres, sont trop lourds pour eux.

Depuis le 15 mai, il est également interdit aux négociants en matières premières de l’Union européenne et de la Suisse de vendre des barils de Rosneft ailleurs dans le monde. Cela éloigne le producteur russe de certaines des entreprises les plus puissantes du monde, qui sont essentielles pour acheminer le pétrole vers les consommateurs.

Outre les sanctions, Rosneft est également de plus en plus isolé de l’Occident. Par exemple, BP, cet autre géant de l’énergie, a annoncé en février qu’il souhaitait vendre sa participation de près de 20 % dans le producteur pétrolier russe. Et ce mois-ci, l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, ami personnel de Vladimir Poutine, a renoncé à son siège à la tête du conseil de surveillance de la société.

« L’homme le plus effrayant de Russie »

L’importance de l’entreprise pour la Russie ne peut être surestimée. Rosneft est responsable de près de 40 % de la production de pétrole brut du pays.

Le pétrole que la compagnie d’État fournit au monde est l’un des outils géopolitiques les plus importants de Poutine. Les taxes qu’elle a payées en Russie ont rapporté au Kremlin quelque 1,8 milliard de roubles pour la seule année 2020. Cet argent aurait été suffisant pour payer environ 40 % du budget militaire annuel, écrit le quotidien britannique The Guardian.

La société est dirigée par Igor Setchine, un oligarque décrit à la fois comme « l’éminence grise du Kremlin » et « l’homme le plus effrayant de Russie« . Début mars, le gouvernement français a saisi un autre superyacht appartenant à Setchine, qui est considéré comme le bras droit de Poutine.

(MB)

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