Principaux renseignements
- Le président américain Donald Trump a présenté un cadre tarifaire révisé et plus modéré à la suite d’une décision de la Cour suprême.
- Les nouveaux droits de douane visent le travail forcé et la surproduction industrielle dans des dizaines de pays.
- Des exemptions stratégiques protègent les consommateurs et les fabricants nationaux contre des hausses de prix extrêmes.
À la suite d’une décision de la Cour suprême invalidant les mesures précédentes, le président américain Donald Trump met en place un cadre tarifaire révisé. La stratégie actualisée semble plus mesurée que la précédente, reflétant la nécessité de concilier la volonté du président de favoriser la croissance industrielle nationale avec le climat économique actuel, rapporte Politico.
Droits d’importation révisés
L’administration a récemment proposé de nouveaux droits d’importation sur plus de 60 pays à la suite d’enquêtes commerciales accélérées. Dans de nombreux cas, les taux proposés sont inférieurs aux droits de douane illégaux mis en place l’année dernière. De plus, la Maison Blanche réduit les taxes sur les produits en cuivre, en aluminium et en acier afin d’alléger la pression financière sur les secteurs manufacturier et agricole.
Le revirement met en évidence une tension entre deux objectifs principaux : la nécessité politique de maintenir les prix à la consommation à un niveau bas et l’ambition de revitaliser l’industrie américaine par le biais de barrières commerciales protectrices. Un expert juridique proche de la Maison Blanche a fait remarquer que, bien que le gouvernement reste favorable aux droits de douane, il souhaite éviter un « choc des prix » pour les industries qui dépendent d’équipements coûteux tels que les bulldozers et les moissonneuses-batteuses.
Lutte contre le travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement
Sous la direction du représentant au commerce Jamieson Greer, les États-Unis ont mené des enquêtes auprès de leurs partenaires commerciaux mondiaux concernant le travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement. En conséquence, un droit de douane de 12,5 pour cent est recommandé pour 44 pays. Un taux inférieur de 10 pour cent est proposé pour le Royaume-Uni et les pays disposant de lois existantes contre le travail forcé, tels que le Canada, le Mexique et l’Union européenne.
Ces chiffres sont généralement inférieurs aux menaces précédentes. Par exemple, l’UE avait déjà été confrontée à un droit potentiel de 30 pour cent, et le Brésil avait auparavant été frappé d’une taxe de 50 pour cent. Cependant, certains pays comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie pourraient connaître de légères hausses par rapport à leur taux précédent de 10 pour cent.
Étude plus approfondie sur la surproduction mondiale
Au-delà du travail forcé, l’USTR mène des enquêtes sur 16 partenaires, dont la Chine et l’UE, afin de déterminer si la surproduction industrielle sature de manière déloyale le marché américain. Les partenaires internationaux craignent que ces enquêtes qui se chevauchent n’entraînent des droits cumulés qui compromettent les accords commerciaux existants.
Alors que l’UE et Pékin ont publiquement critiqué ces propositions, certains responsables ont indiqué en privé qu’un taux de 10 pour cent était gérable. Le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré que ces mesures étaient attendues et a souligné que l’USMCA confère au Canada une position commerciale avantageuse.
D’autres mesures ciblées sont également en cours, notamment une enquête sur la protection de la propriété intellectuelle au Vietnam et une proposition de droit de douane de 25 pour cent sur les importations brésiliennes. Afin de garantir la validité juridique de ces mesures, l’administration suit une procédure formelle d’audiences publiques et de consultation.
Exemptions stratégiques
Afin d’atténuer le mécontentement du public et la hausse des coûts, la Maison Blanche a stratégiquement prévu des exemptions pour plus de 1 000 produits agricoles qui ne peuvent être produits sur le territoire national. Elle a également suspendu les droits de douane sur les meubles en bois et discute actuellement de la réduction des droits de douane sur les produits chinois non essentiels.
Critiques concernant l’incohérence de la politique
Malgré ces efforts, les détracteurs affirment que l’application incohérente de ces règles engendre le chaos. Un consultant juridique a suggéré que la tendance du gouvernement à accorder des exemptions aux grands importateurs tout en prétendant protéger la production nationale rend la politique commerciale imprévisible et contradictoire.
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