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Les États-Unis ont mis en garde l’Allemagne : Olaf Scholz ne doit pas répéter avec la Chine ce qu’Angela Merkel a fait avec la Russie

Les États-Unis ont mis en garde l’Allemagne : Olaf Scholz ne doit pas répéter avec la Chine ce qu’Angela Merkel a fait avec la Russie
Olaf Scholz & Angela Merkel- Sean Gallup/Getty Images

L’histoire semble se répéter. Les États-Unis ont longtemps mis en garde leurs alliés allemands contre leur dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. Cette fois, c’est la dépendance économique de Berlin par rapport à la Chine qui est dans le viseur.

Pourquoi est-ce important ?

La guerre en Ukraine a montré à quel point la politique énergétique de l'Allemagne a été désastreuse. Si un potentiel confit devait survenir entre la Chine et Taïwan, l'économie allemande serait en lambeaux. Et donc celle de l'Union européenne.

Dans l’actu : la société chinoise Cosco prend 25% des parts de la société qui gère les terminaux du plus grand port d’Allemagne.

  • La société chinoise Cosco qui a fait des ports européens son terrain de jeu s’implantera ainsi durablement à Hambourg.
  • Au départ, l’offre portait sur 35 % des parts. La vente a été ramenée à 25% pour ne pas nécessiter l’approbation du gouvernement. Olaf Scholz a pris cette décision quasiment seul, malgré les objections de plusieurs de ses ministres chez les Verts et les libéraux.
  • Dans un document interne des Verts, qui font donc partie de la coalition, il est noté noir sur blanc que l’investissement portuaire « étend de manière disproportionnée l’influence stratégique de la Chine sur les infrastructures de transport allemandes et européennes ainsi que la dépendance de l’Allemagne vis-à-vis de la Chine ».
  • Le document ajoute que « les risques considérables qui surviennent lorsque des éléments de l’infrastructure de transport européenne sont influencés et contrôlés par la Chine – alors que la Chine elle-même n’autorise pas l’Allemagne à participer aux ports chinois. »

Le détail : les Américains mettent leur allié en garde.

  • Un diplomate a expliqué à Reuters que l’ambassade américaine en Allemagne s’était montrée particulièrement réticente au projet, faisant pression pour que la Chine ne devienne pas actionnaire majoritaire, ce qui aurait été le cas avec une part de 35%. Un haut fonctionnaire américain a donc salué cette réduction de la part de 35 à 25%.
  • Voilà une situation qui a bien sûr irrité du côté chinois. « L’ingérence des États-Unis est symptomatique de leur pratique de la diplomatie coercitive », a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, lors d’un point de presse à Pékin.
  • « La coopération pragmatique entre la Chine et l’Allemagne est l’affaire des deux pays souverains, les États-Unis ne devraient pas l’attaquer sans raison et n’ont pas le droit de se mêler et d’interférer », a déclaré Zhao.
  • Les Etats-Unis ont longtemps fait pression pour que l’Allemagne renonce à Nord Stream 2, le nouveau gazoduc qui devait établir une nouvelle connexion avec la Russie. Seule la guerre en Ukraine y est parvenue.

Scholz, l’idiot utile de la Chine

Le contexte : la dépendance de l’Allemagne par rapport à la Chine est totale.

  • La Chine est le premier partenaire commercial de l’Allemagne pour la 6e année consécutive, devant la France et les États-Unis.
  • Sur les six premiers mois de l’année, les importations allemandes en provenance de Chine ont grimpé de 45 % en valeur.
  • Jamais les industriels allemands n’ont autant investi en Chine que sur les 6 premiers mois de l’année, ce qui pose la question d’un droit de regard de l’État, voire même de l’UE.
  • Car il peut être question d’investissements dans des domaines stratégiques soulevant des questions de sécurité.
  • Si l’Allemagne étudie la possibilité d’examiner plus en profondeur ses investissements, la visite d’Olaf Scholz en Chine, vendredi, fait forcément grincer des dents. « L’ère de la naïveté, c’est terminé », a asséné le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton.
  • Bis repetita : l’erreur qu’Angela Merkel a faite vis-à-vis de la Russie est-elle en train de se répéter avec Olaf Scholz et la Chine ? Le chancelier s’en défend. Mais dans les faits, pressé par ses industriels (Volskwagen vend 4 voitures sur 10 en Chine), Scholz fait du business as usual, jouant par la même occasion l’idiot utile de Pékin, en empruntant le tapis rouge déroulé par l’empereur de Chine, Xi Jinping, reconduit pour un 3e mandat.
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