Est-il vraiment utile de décourager le transport aérien en Europe?

Des avions de ligne attendent leur tour sur la piste pour décoller
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Les mesures bien intentionnées visant à réduire les émissions de CO2 en décourageant les vols européens et en promouvant le train comme alternative seraient en fait… inutiles.

C’est en tous cas ce qu’affirment des chercheurs de la KU Leuven dans un rapport sur l’approvisionnement énergétique durable. La fédération écologiste flamande Bond Beter Leefmilieu n’est pas d’accord.

Le trafic aérien européen est soumis à un plafond d’émission par l’UE. Cela signifie que le secteur de l’aviation en Europe doit payer un certain montant par tonne de CO2 émise. Le trafic ferroviaire international est également soumis au même plafond d’émission. C’est le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE-UE).

La théorie…

‘Un effet secondaire de cette mesure est que les émissions totales de CO2 en Europe ne diminueraient pas si l’on décourageait les voyages en avion sur notre continent. Le CO2 qu’un vol européen n’émettrait pas serait émis par un autre secteur, comme celui de la production d’électricité ou l’industrie’, indique le rapport du think tank interdisciplinaire Metaforum de l’Université de Louvain.

Par contre, pour les destinations en dehors de l’UE, le plafond d’émission ne joue aucun rôle. ‘Chaque voyage en avion de cet type en moins est une réduction nette des émissions de CO2’, précisent les chercheurs.

… Et la pratique

Selon Mathias Bienstman de la fédération d’associations écologistes flamandes Bond Beter Leefmilieu, les chercheurs passent cependant à côté de l’essentiel.

‘En théorie, ce qu’ils disent est correct, mais ils oublient que le système d’émission est constamment révisé’, explique-t-il. Le plafond diminue en effet progressivement afin de faire baisser le niveau total des émissions.

‘Si les gens se mettent soudainement à prendre beaucoup de vols courts, le secteur de l’aviation serait alors sous pression et il résisterait au resserrement des normes. De plus, nous sommes censés passer à zéro émission d’ici 2050 et les avions sont encore loin d’être sans carbone’, conclut-il.