Enchères sur la 5G: nos pays voisins sont bien plus avancés

Isopix

Selon les directives de l’Europe, les deux premières bandes radio pour la 5G doivent être mises aux enchères avant la fin de l’année. L’échéance approche et nos pays voisins s’organisent, alors que la Belgique sera certainement hors délais.

L’absence de gouvernement fédéral bloque les négociations avec les entités fédérées. L’enjeu du conflit : la répartition des revenus. La vente des fréquences devrait générer au moins 800 millions d’euros et les entités fédérées réclament une part plus importante des recettes que les 20% prévus.

En attendant que la situation se débloque, le régulateur des télécommunications, l’IBPT, a donné une autorisation provisoire à 5 opérateurs : Cegeka, Entropia, Orange, Proximus et Telenet. Ainsi, le calendrier de l’Union européenne est respecté et les opérateurs peuvent tester les applications 5G. A priori, ce seront les 5 mêmes opérateurs qui auront accès aux ventes quand celles-ci seront disponibles. Mais la Belgique a clairement du retard.

Pour nos voisins, l’organisation des enchères semble beaucoup plus facile.

Luxembourg

Le Grand-Duché du Luxembourg vient de procéder à la vente des bandes 700 MHz et 3,5 GHz. Quatre opérateurs ont obtenu des fréquences :

  • Orange Luxembourg : 130 MHz
  • Post : 130 MHz
  • Proximus : 120 MHz
  • Luxembourg Online : 10 MHz

Ces licences, valables 15 ans et renouvelables au moins une fois, sont accompagnées d’obligations afin de couvrir tout le canton du Luxembourg avant la fin de 2020 et tout le pays avant 2025.

Les ventes vont rapporter environ 41 millions d’euros à l’État luxembourgeois.

Pays-Bas

Aux Pays-Bas, les enchères ont eu lieu au début du mois. Seuls trois opérateurs étaient admis à la vente : KPN, Vodafone et T-Mobile. 26 licences étaient en vente sur 3 bandes (700, 1.400 et 2.100 MHz). KPN et Vodafone en obtiennent chacun 9, tandis que T-Mobile en a reçu 8. De cette manière, les trois opérateurs sont pratiquement au même niveau pour le développement de la 5G. Le total de la vente a rapporté 1,23 milliard à l’État.

Les bandes 700 et 1.400 MHz sont directement disponibles. KPN et T-Mobile ont prévu d’allumer leur réseau récemment renouvelé ce mardi. Le territoire de la région de la Randstad (Utrecht, Amsterdam, La Haye et Rotterdam) et Eindhoven seront couverts. Les clients de ces deux opérateurs qui possèdent des appareils dotés de récepteurs 5G pourront déjà profiter cette semaine d’un internet mobile ultra rapide. Vodafone a lancé son réseau 5G — en passant par ses antennes 4G – début de l’année.

La bande 2.100 MHz sera disponible début 2021. Les enchères pour la bande 3,5 GHz, la plus importante d’Europe, se tiendront en 2022.

France

Le gouvernement français a lancé la procédure d’attribution de sa 5G à la fin de l’année dernière. Fin février, les 4 principaux acteurs du pays (Bouygues Telecom, Orange, Free et SFR) ont soumis une offre pour un premier paquet de 4 blocs de 50 mégahertz chacun dans le spectre compris entre 3,4 et 3,8 GHz. Cette vente a été acceptée par l’Arcep, l’organisme français de surveillance des télécommunications. Elle a déjà rapporté 1.400 euros à l’État français.

En septembre, 11 blocs de 10 mégahertz chacun seront encore mis aux enchères. Le gouvernement français espère récolter au moins 2,17 milliards d’euros, ce qui est beaucoup plus que le prix minimum de 1,5 milliard d’euros proposé par l’Arcep.

Suite à la crise du coronavirus, l’Arcep a levé l’obligation de développer la 5G dans au moins deux villes avant la fin de l’année. Les opérateurs sont donc libres de lancer la 5G quand ils le veulent.

Allemagne

Bien que la vente aux enchères 5G en Allemagne ait duré trois mois, elle s’est achevée en juin… de l’année dernière. Elle a rapporté à l’État allemand 6,55 milliards d’euros, alors que les experts estimaient les recettes entre 3 et 5 milliards. Deutsche Telekom, Vodafone, Telefónica Deutschland et Drillisch ont obtenu chacun leurs parts.

Toutefois, le développement du réseau 5G est ralenti par la question de l’utilisation de la technologie de Huawei. Le parlement allemand est divisé : une partie souhaite exclure Huawei des équipements, les autres veulent seulement restreindre l’accès. Difficile pour les opérateurs de lancer totalement le développement du réseau sans une décision claire de la part des politiques.

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