Principaux renseignements
- Les démocrates disposent actuellement d’une forte avance statistique en vue des élections de mi-mandat.
- Selon Raphael Gallardo, économiste en chef chez Carmignac, une hausse des dépenses publiques pourrait stimuler la croissance du PIB, quel que soit le parti qui remporte les élections.
- La hausse des déficits budgétaires menace de faire grimper les rendements des obligations à long terme à l’échelle mondiale.
À l’approche des élections de mi-mandat de novembre, le climat politique américain a considérablement changé, selon Raphael Gallardo, économiste en chef chez Carmignac. La cote de popularité du président Trump oscille autour de 38 pour cent. Les données issues de plateformes de prévision telles que Polymarket indiquent une forte probabilité de victoire pour les démocrates, avec 91 pour cent de chances qu’ils remportent la majorité à la Chambre des représentants et 64 pour cent de chances qu’ils s’emparent de la majorité au Sénat.
Cette tendance se reflète également dans les sondages nationaux ; RealClearPolling fait état d’une avance considérable pour les démocrates, qui recueillent 50,9 pour cent des intentions de vote, contre 42,3 pour cent pour les républicains. Toutefois, étant donné que la répartition des sièges au Sénat dépend des résultats dans chaque État, cette avance nationale ne garantit pas automatiquement le contrôle total.
Conséquences sur la dynamique budgétaire
Un tel glissement politique pourrait modifier fondamentalement la dynamique budgétaire aux États-Unis. Actuellement, les républicains du Sénat, soucieux de l’équilibre budgétaire, freinent toute augmentation des dépenses publiques. Un changement de rapport de forces pourrait en revanche faciliter un accord entre les deux partis. Les républicains garantiraient ainsi une hausse des dépenses militaires, tandis que les démocrates donneraient la priorité aux programmes sociaux.
Grâce à cette hausse combinée des dépenses, l’impulsion budgétaire pourrait passer de négative à positive. Cela pourrait ajouter 1 pour cent au PIB dès que les fonds seraient injectés dans l’économie. GDPNow prévoit déjà une croissance robuste de 3,6 pour cent pour le troisième trimestre. Ces dépenses supplémentaires constitueraient donc un stimulant économique supplémentaire.
Risques pour le marché obligataire
Selon Gallardo, ces évolutions comportent des risques spécifiques pour le marché obligataire. Si l’augmentation des dépenses n’est pas compensée par des recettes, cela entraînera probablement un creusement des déficits budgétaires et rendra nécessaire une émission accrue d’obligations d’État. Conjugué à des anticipations d’inflation en hausse et à une politique potentiellement moins restrictive de la Réserve fédérale, cela pourrait faire grimper les taux d’intérêt américains à long terme.
Une telle tendance ne se limiterait pas aux États-Unis, car la hausse des taux d’intérêt américains exerce généralement une pression à la hausse sur les coûts et les conditions de financement en Europe.
L’alternative républicaine
L’économiste en chef affirme qu’une victoire des républicains ne garantirait pas nécessairement la discipline budgétaire. Le président Trump a proposé des aides substantielles aux ménages, notamment un éventuel « dividende » de 5 000 dollars (4 459 euros) pour les citoyens.
Cette mesure représenterait environ 4 pour cent du PIB et dépasserait ainsi les dépenses consacrées à la défense ou à Medicare. Bien que la mise en œuvre d’un tel plan reste incertaine, cela laisse entendre qu’une politique budgétaire expansionniste pourrait se poursuivre, quel que soit le vainqueur.
Un défi budgétaire à long terme
Gallardo affirme qu’en fin de compte, l’enjeu ne réside pas tant dans le parti qui remportera les élections que dans l’orientation générale de la politique budgétaire américaine. Les deux scénarios politiques semblent conduire à une augmentation continue des dépenses publiques.
Le défi majeur pour Washington sera de trouver un équilibre entre ces ambitions politiques concurrentes et la viabilité à long terme de la dette nationale. (lv)
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